Les billets du Planète Oignons | Planète Oignons

Planète Oignons

Agrégateur de blogs francophones fonctionnant en mode caché sur le réseau Tor
Menu

Les billets du Planète Oignons

Benjamin Sonntag
27 août 2016

est un des membres historiques du club des hackeurs allemands, le , figure de proue dans l'information, la formation et l'activisme dans les domaines des technologies informatique et Internet. Défendant la protection des données personnelles des citoyens depuis 1995 avec le , il a fait en mai 2016 une conférence au , le rendez-vous annuel de hackeurs à Toulouse.

Avec mon amie Marine, impressionnés par les idées lancées par Andy, nous avons décidé d'en faire un montage correct et de vous la proposer avec sous-titres en anglais et en français.

Nous vous en souhaitons une belle découverte !

Dans cette conférence, Andy évoque les ONG de défense des libertés à l'ère numérique, et fait le point sur leur financement par des fondations américaines, bien souvent faux-nez de la CIA...

Tout le monde y prend pour son grade, mais la discussion est surtout intéressante pour remettre en perspective les influences diverses des USA sur les pays à travers diverses ONG. Loin de vouloir jetter ces associations avec l'eau sale du bain de la CIA, il nous propose juste de réfléchir à ces sujets avec des arguments intelligents et intelligibles.
Et même si aucune réponse définitive n'est apporté par sa conférence, il nous propose des pistes intéressantes ... à développer.

Andy Müller Maguhn, THSF 2016, en Français

Le complexe militaro industiel de défense des libertés sur Internet

Les choses dont je vais parler étant hélas plutôt sérieuses,

Je pense qu'il serait souhaitable de vous prévenir, avant de démarrer, que ma présentation
peut contenir des traces de réalité, et si vous n'êtes pas prêt à l'admettre, vous devriez peut-être partir

Okay okay... Si vous pensez pouvoir gérer ça, allons-y.

Donc, la liberté d'information est une des valeurs de base des hackers
Par conséquent, il est surprenant que nous nous retrouvions entourés de toute une industrie
d'activités financées par les militaires, le gouvernement, et le département d'état américain,
qui parlent tous des libertés sur Internet.

Enfin, les libertés sur Internet, ou leur version de celles-ci, et
Rappelons qu'il s'agit de quelque chose de très différent de ce dont on parle quand on parle
de liberté d'information. On parle plutôt de WikiLeaks que de Google.
Et lorsque l'on parle de communications illimités et non censurées, on parle bien entendu d'accéder à tout
et pas de propriété intellectuelle.

Donc, on parle de transparence des affaires, des technologies,
que nous voulons une technologie transparente, des gouvernements transparents, et des structures transparentes
et on associe tout cela avec la liberté d'information

Donc l'éthique des hackers comprend aussi quelques idées sur les structures
par exemple que les autorités sont rarement favorables à la libre circulation des informations
ni que les autoritéq ou les hiérarchies sont vraiment utiles.
Et aussi que la décentralisation est une bonne chose.
des lieux centraux, et des lieux de contrôle centraux, entraînent des abus de contrôle centralisés

Donc, si on s'inquiète de la corruption des gouvernements, et de la corruption dans toutes sortes d'entités
ces lieux centraux sont une invitation à la corruption, ils sont là pour être abusés.
On a aussi l'auto-détermination informationnelle, qui précise que celui qui
entre des données dans un système devrait être celui qui décide de ce qu'il en advient
Connu ici sous le nom d'intimité, qui est la base pour des gens comme nous.

Cependant, nous ne sommes pas que des hackers, mais aussi des êtres humains
et il y a d'autres valeurs qui nous tiennent à cœur. Comme les Droits de l'Homme,
et de ne pas soutenir toute activité, action ou structure qui agit en violation des Droits de l'Homme.
Comme l'invasion militaire, la torture, des Guantanamo-bays, tenant en leurs mains la survie de quelques humains...
Cela est évidemment quelque chose de très humain.

Soutenir la résolution non militaire des conflits me paraît aussi une excellente idée.
Ne pas soutenir les agences de renseignement, donc ne pas leur donner de données, ni les aider d'aucune manière.

Sachant que les agences de renseignement tendent à devenir le véritable ennemi.
Leur business réel étant de garder secrète l'information afin de ralentir tout processus
ou enlever l'information de tout processus pour mieux le contrôler.

C'est l'idée clé des agences de renseignement, d'apporter
l'information à peu de monde, et pas à tous ceux impliqués dans un sujet, afin de ralentir les choses
ils sont alors plus facile à contrôler par ceux qui disposent de cette information.

Ce n'est bien entendu pas notre jeu préféré.
Le respect des êtres humains et de leur culture est aussi quelque chose qui ne devrait pas être expliqué.

Vous comprendrez dans une minute pourquoi je rappelle cela maintenant.
Ensuite, il y a des questions plus complexes sur lesquelles nous pourrions peut-être ne pas être d'accord.

Par exemple, si les états-nations, les pays, ont le moindre sens
tous ceux qui voyagent ces temps-ci, et nous faisons cela probablement beaucoup
connait cette frustration, attendant au guichet de contrôle des passeports,
déclarant des biens à importer ou exporter,
et toutes ces autres choses qui nous emmerdent et que nous n'avons pas sur Internet
où nous pouvons voyager en une seconde
et où nous n'avons jamais besoin de montrer notre passeport, et nous n'avons jamais besoin de déclarer nos biens numériques à un officier des douanes
ou du moins, pas encore ...

Cependant, en théorie, les gouvernements peuvent jouer un rôle important.
Par exemple la balance entre le droit du commerce et ceux des citoyens
Mais nous n'allons probablement pas trouver de consensus sur la façon de traiter les gouvernements
si nous voulons les éliminer, seulement les ignorer, les détruire...
ou peut-être même penser qu'il est une bonne idée de soutenir des gouvernements et de payer des taxes pour l'intérêt commun
comme les écoles, les rues, les infrastructures, mettre en prison
ceux qui ne respectent rien...

Mais il y a un problème et c'est ... Bien entendu je connais de près les théories anarchistes
et je n'ai jamais été un grand supporter des gouvernements
mais je vois un problème si l'on détruit les gouvernements
car si on limite le nombre de gouvernements, alors ceux qui restent tendent à devenir plus puissants.

Et le gouvernement unique, celui qui veut dominer le monde, ce sont les États-Unis.
Ils saisissent chaque opportunité pour fragiliser les gouvernements de par le monde
afin qu'ils cèdent à leur pouvoir et permettent au leur d'être toujours plus puissant
et c'est exactement ce à quoi ils jouent avec l'Internet, et ce dont on parle.

Donc, vous avez peut-être déjà vu le jeu qui se joue ici

L'armée US ne l'appelle pas "guerre de l'information", mais plutôt "opérations d'information"
et vous avez certainement vu les révolutions de couleur en Ukraine
et dans les anciens pays soviétiques

Certaines ont connu plus de succès que les autres

Certaines avec violence, certaines sans violence, mais
certaines d'entre eux ont réussi à renverser leurs gouvernements et à remplacer
quelques kleptocrates ou quelques personnages douteux par d'autres personnages douteux

Et maintenant, dans certains endroits, en lieu et place d'étranges kleptocrates, on trouve des actifs corrompus de la CIA
La question de s'il s'agit d'une amélioration reste ouverte

Donc ce premier tour, si on regarde ce que Soros a financé en Europe de l'est
cela a créé une paranoia intense dans les pays restants
qui pose encore problème.

Donc si on regarde comment Assad en Syrie a géré la scène de l'Internet en Syrie,
il posait simplement aux gens des questions simples : « travailles-tu pour nous ou contre nous ? »

Fais-tu partie de la solution ou du problème ? Donc ils étaient très sensibles
à quiconque obtenant un financement de Soros ou de la CIA
ou d'autres forces US, puisqu'ils pensaient que les Américains joueraient le même jeu
et cela a une importance, dans un tel scenario, s'il est vrai
la paranoia fonctionne. C'est sa propre dimension qui permet de changer les règles du jeu

Ce premier tour a créé des conflits militaires sérieux
et ces conflits militaires ont amené de nombreuses personnes
à quitter leurs pays, et ce sont les réfugiés que nous avons ici aujourd'hui.

Voilà pour les traces de réalité que je pense que nous devons voir. Et cela a à voir avec l'Internet
et avec la façon dont l'Internet influence les pays
et les gouvernements réagissent, et l'on voit des modèles spécifiques qui se répliquent dans différents endroits

Puis il y a la réalité et l'action à l'échelle globale des entreprises américaines

Dans le passé, il était assez simple
pour un gouvernement de prendre le contrôle de la réalité

La réalité ce n'est pas ce qui se passe dans les rues

La réalité c'est ce qui est créé dans l'esprit des gens, je parle ici de constructivisme
et de la perception des choses
ce que vous voyez à la TV, que vous lisez dans les journaux, que vous entendez à la radio
tout cela crée des représentations dans votre esprit, du monde où vous pensez vivre

Dans le passé il était assez simple de mettre l'éditeur sous pression
de créer des lois pour régir les médias, etc.

En Allemagne par exemple, nous avons une loi de pré-censure
toute publication doit mentionner une personne qui en est responsable

Pour que l'on puisse faire pression sur cette personne, la mettre en prision ou la condamner pour violation du copyright ...

En tous cas, c'est aujourd'hui plus compliqué, puisque les principaux acteurs : Google, Facebook, Twitter
sont tous sous juridiction Américaine

Mais ... [bruits de destruction d'un disque dur à la perceuse]
[extrait du film CitizenFour]

Vous avez probablement déjà vu cette scène

Ce sont les rédacteurs en chef du Guardian dans les sous-sols du bâtiment, en train de détruire les disques durs contenant les archives de Snowden
être sous la pression et la surveillance du GCHQ, l'agence de renseignement du Royaume Uni
est en quelque sorte un peu vieux jeu, et cela ne fonctionne pas de façon fiable pour
Internet. Donc aujourd'hui, il y a une gestion plus libérale
et c'est ce qui a bien sûr permis à l'Internet de se développer

Donc le 1er amendement de la constitution américaine, la liberté d'expression,
était bien meilleur que ce que l'on peut avoir dans de nombreux pays, et c'était appréciable
on pouvait dépasser les limitations de nos propres pays
et nous avons apprécié cette gestion plus libérale
mais cette gestion libérale a également amené la surveillance de masse
qui assurait au gouvernement des États-Unis un accès à tout ce qui se passe
et cela amène aussi une propriété intellectuelle qui constitue une version occidentale de la censure
et une perte de pouvoir des gouvernements locaux
et des structures locales, l'état sous-jacent est au contrôle.

Donc d'une certaine manière, les US amènent une idéologie totalitaire : une liberté totalitaire
Il s'agit un peu d'une gestion libérale, et c'est un peu compliqué puisque
la véritable liberté et la liberté dans une gestion libérale des choses
cela semble positif, bien qu'il s'agisse de la version commerciale
donc cela amène une autre grande question, qui est : comment
s'assure t-on que nous avons toujours quelque chose pour nous, nos enfants, nos communautés, notre pays
qui pourrait être la souveraineté numérique
parce que si nous vivons tous dans un cadre dont les règles sont produites par des entreprises américaines,
donc au final par des personnes sous le contrôle du gouvernement US

Ces entreprises agissent au sein de la juridiction américaine, et elles ne peuvent pas y échapper
donc la question de notre propre souveraineté dans ce scénario demeure.

Cela nous amène alors à voir qu'en effet, nous sommes déjà une partie du problème
parce que nous sommes ceux qui fournissent l'anonymisation, les technologies de contournement
des gouvernements locaux qui essaient de rester en contrôle constant des infrastructures cybernétiques
qui créent la réalité, au sens constructiviste du terme.

Donc les gouvernements cherchent à rester souverains d'une certaine manière
et nous espérons surmonter cela en permanence
cette part d'entre nous fait en sorte que nous ayons des droits numériques
nous avons de toutes parts l'environnement des ONG Soros, et j'en ai parlé à des gens en Hollande
et déjà dans les années 80, quand il y avait ce projet de média "B92"
c'était toute la scène néerlandaise, environ 50 à 60 personnes
c'était comme ça dans le passé, ils ont commencé à travailler pour Soros, alors c'est un peu bizarre
de voir que certains millionnaires américains peuvent acheter une scène entière
et donc par rapport à cet argent, les gens disaient
"allez on prend juste l'argent des américains et ce qu'on fait continue à nous appartenir"
mais est ce que cet argent est offert sans contrepartie ?
c'est vraiment de l'argent gratuit comme dans "bière gratuite" ? de quoi s'agit-il ?
et de quelle liberté d'Internet parle-t-on aujourd'hui ?
il y avait aussi ce truc qui s'appelait — ça se passait en Espagne —
ce truc appelé le "festival de la liberté d'Internet" cette année
l'an dernier c'était le "festival du contournement"
et donc il y a quelque chose d'amusant. J'étais là-bas en mars cette année
Il y avait beaucoup de conférences à propos de la censure, d'Internet, de comment la vaincre
ce que l'on peut faire, quelles technologies sont disponibles, ce qui est utilisable, peut-être
les améliorations nécessaires pour que les personnes non techniciennes puissent y avoir accès
tout cela a l'air très bien, mais tous les exemples de la conférence étaient
étrangement la Syrie, l'Iran, la Corée du Nord, vous savez, les méchants pays habituels
et plus personne ne parlait de la NSA et de la surveillance.

Donc, c'est assez amusant quand on regarde toutes les choses que
les autres font. Alors j'ai regardé qui organisait cette conférence et
le principal organisateur, qui est openitp.org — c'est l'organisation
derrière l'événement — j'ai trouvé un type appelé Sascha Meinrath
de la fondation Acorn Active Media, jamais entendu parler de lui
je l'ai googlé, et il a une page Wikipedia, il ressemble à un connard, mais peu importe
en tous cas, il est vice président de la New America Foundation et chose intéressante
c'est le cas de son staff de Acorn Active Media Foundation, qui a exactement 3 personnes en tout, qui travaillent également tous
pour la New America Foundation. Et donc qu'est ce que la New America Foundation ?

Le président du conseil d'administration de la New America Foundation est un type appelé Eric Schmidt

Le président exécutif de Google !

Maintenant on commence à comprendre ce que signifient les libertés sur Internet. Google partout ... Okay...

Nous y voilà. Et donc ensuite j'ai regardé leur page web ce matin
et regardez : Jonathan Soros !
Le fils de George Soros rejoint aussi le conseil d'administration, génial !

Donc on commence à les rassembler. Alors j'ai utilisé un peu Maltego
Je suppose que vous connaissez Maltego, c'est un petit logiciel que vous pouvez utiliser aussi hors ligne pour visualiser des choses complexes

Donc sur la droite, vous avez ce festival, vous avez les acteurs, Acorn Active Media
et tout mène à la New America Foundation, mais il y a aussi Google,
Soros, l'Open Society Foundation, et les jeux de changement de régime des révolutions de couleur.

— Personne ne peut lire ça hein ? —

Soros est sur la gauche, le festival est sur la droite, et en tous cas vous voyez en gros ce que je viens d'expliquer

Donc il y a d'autres schémas sur Internet qui cherchent à montrer Soros tel qu'il est connu pour
l'ensemble des ONG qu'il soutient
Il y a aussi ici un projet précédent appelé l'Open Government Partnership
et des trucs comme 'monitor group' qui a toujours surveillé toutes sortes de pays où les US voulaient
prendre le contrôle ou renverser les gouvernments ou effectuer certaines de leurs étranges opérations
et donc c'est juste une longue histoire où les services de renseignement US alliés à ceux des britanniques
ont leurs bases avancées sous couverture d'ONGs
déployées dans toutes sortes de pays, donc c'est juste le jeu normal qu'ils jouent depuis plus de 20 ans
et en particulier lorsqu'on en vient aux révolutions de couleur, on trouve sur Internet tout un tas de
choses où les gens analysent comment ça fonctionne, comment Soros entraîne les gens
qui est financé par quoi, comment ils savent exactement la façon dont les gouvernements vont réagir
c'est comme un réflexe, pour certains gouvernements, et on peut savoir quoi faire
pour les mettre tellement en colère et les faire sur-réagir, et enfin pouvoir les accuser de
violer les droits de l'Homme, et ensuite c'est un processus automatique
qui peut même se terminer par un gros conflit militaire

On m'a aussi dit qu'il ne fallait pas
sous estimer une personne appelée Peter Thiel

C'est un millionnaire Américain, qui travaille avec Soros sur certains projets
Il est aussi connu pour travailler avec la CIA et créer des entreprises technologiques qui
fournissent des outils pour la NSA et la CIA

Et tous les deux font aussi partie du même manège avec l'Open Society Foundation
Voilà la vue d'ensemble qui implique maintenant, dans cette seconde version,
vous avez ces types de l'Internet Freedom Festival, les gens de la CIA, Soros, Thiel
les agences à 3 lettres, certains d'entre eux fournissent un Internet libre
et les autres fournissent les outils pour surveiller l'Internet libre

Quel beau monde !

Et aussi certains d'entre eux ont des sous-partenaires pour renverser les gouvernements, et c'est là une autre partie du jeu

Donc bien sûr on peut se poser la question
"au fond, le changement de régime a l'air d'être une bonne idée, ne pourrait-on pas changer le régime US ? "

Et bien, il y a deux problèmes ici, le premier est une blague politique
un changement de régime n'est jamais arrivé aux US puisqu'il n'y a pas d'ambassade US aux US
parce que c'est là où les US ont une embassade que
le contrôle des figures locales est opéré

En tous cas, les US tels qu'on les connaît est la meilleure démocratie que l'argent puisse acheter, alors c'est un peu compliqué
de s'impliquer sans avoir beaucoup d'argent, aussi
évidemment, ce que l'on a appris des donnée de Snowden est que l'État est pleinement actif

Donc concernant les ressources, honnêtement, on n'est pas mauvais technologiquement, mais on est un peu juste en ressources
comparés à ces types.

Donc, alors on a aussi des projets comme Tor, qui honnêtement est une des meilleures choses que cette scène a produit

Je veux dire, c'est pas mal, ça marche, déjà

En tous cas, c'est bien sûr le cœur du contournement de la censure local, ou des tentatives locales de contrôler l'Internet

Donc si on regarde par exemple le fait que la RFC Tor permet maintenant
aux sercices en .onion de devenir un standard Internet. Pour financer ça, il y avait Facebook

Alors on peut maintenant être tous très fiers
d'avoir aidé ces pauvres gens opprimés en Iran
en Corée du Nord, ou autres
Ils peuvent enfin apporter leurs données en toute sécurité à Facebook et aux systèmes de la NSA

Bravo, on a fait un super boulot. C'est quoi ce bordel ! [applaudissements]

Donc. Mais qui finance Tor au fait ? Je veux dire, on savait tous que pendant un certain temps
il y avait ce type, "Radio Free Asia"
SRI International, le département d'État américain
et plein d'autres qui financent Tor.

Et Tor a juste commencé à la fin de l'année dernière ce qu'ils appellent un "financement communautaire"
mais en fait j'ai parlé avec Shari Steele, la nouvelle directrice exécutive de
Tor, et chose amusante, elle est mariée à un agent de la NSA mais
je n'ai bien sûr pas dit ça dans une conférence publique
et je l'ai interrogée sur ses idées de financement communautaire, pour savoir si on devrait commencer à lever des fonds, et "ouais ouais mais l'argent n'est pas si important
pour le moment on est très stables", donc leurs financements récurrents viennent de la fondation Ford, SRI International
Google, Radio Free Asia, qui était un opérateur direct de la CIA
le département d'État Américain, le Omidyar Network, un autre millionnaire dans ce jeu là

Donc seulement trois de ces entités sont directement associées avec la CIA
je trouve ça un peu merdique, et par ailleurs toutes les personnes qui sont impliquées savent ça depuis longtemps
ça fait juste bizarre que ce sont ces personnes qui nous soutiennent pour fournir un Internet libre
c'est étrange. Nous devons, peut-être,
avoir une meilleure compréhension de pourquoi ils font ça et si nous avons réellement des intérêts partagés, et comment tout cela va finir

Bien sûr, des gens vont dire "attends une seconde, Tor fait partie de la communauté des gens bien,
ne les traite pas de mauvais, ce sont mes amis, n'est-ce pas" et on a un problème ici parce que
l'opposé de faire quelque chose de bien, ce n'est pas faire le mal
l'opposé de "bien agir" c'est "agir avec les meilleures intentions"
Comme vous pouvez le voir dans cette petite scène

[extrait de Pulp Fiction]

Donc agir avec les meilleures intentions est un peu délicat
C'était un extrait de Pulp Fiction

Donc parlons de Tor, de contournement, du bien et du mal pendant une seconde
Alors bien sûr le contournement de la censure ne peut pas être une mauvaise chose pour nous tous
Pourtant ce qui peut être un problème c'est ce que cela permet
le colonialisme numérique ou l'"ouverture de marchés" comme Google ou Facebook l'appelleraient

Cela leur permet d'accéder à des marchés où le gouvernement
cherche à éviter que leurs citoyens finissent dans les systèmes américains
Donc l'autre point, c'est que si vous essayez d'avoir cette discussion avec Roger Dingledine
qui est la personne qui a quasiment consacré sa vie à Tor et qui fait tourner la boutique
et j'ai eu cette discussion avec lui
Il y a quelque chose de marrant avec ces Américains, c'est qu'il pensent toujours que "oh tu ne comprends pas"
"Vous et vos façons de voir européennes, vous savez, nous sommes les américains"
"Et on va vous montrer que tout ira bien une fois qu'on aura établi ceci et cela"

On appelle ça "exceptionnalisme". Ils se sentent investis du pouvoir de Dieu ou de peu importe ce en quoi ils croient
Ils pensent pouvoir répandre leur idéologie sur tout le reste de la planète et que tout ira pour le mieux.
Tellement convaincus de faire ce qui est juste.
Il s'agit véritablement d'agir avec les meilleures intentions.

En tous cas, ce dont ils manquent de façon évidente
c'est de compréhension des autres cultures, cela n'a aucune importance pour eux
Une fois que l'on pense faire ce qui est bien et juste, pourquoi avoir besoin de comprendre les autres cultures ?

On leur amène les meilleures solutions, non ?

Peu importe ce qu'ils sont, ce qu'ils pensent, etc.

C'est ce que j'appelle le libéralisme totalitaire
qui est une idéologie complexe
mais si on regarde ça aujourd'hui, il y a en ce moment une discussion entre un rappeur palestinien
et sa communauté, parce que ce que ce type pense est
que cela renforce le radicalisme islamique et que les gens ont peur
quand ils voient ce que les médias occidentaux leur apportent
que les gens ont des confusions de genre, et toutes sortes de
problèmes humains qu'ils n'auraient pas s'ils restaient un peu sobres
et cela est complexe parce que la peur est aussi une dimension similaire à la paranoia
et que se sentir investi d'un pouvoir est par contre une dimension de l'action
et le contournement de la censure s'il s'attaque déjà à la peur, demeure une question ouverte
et nous devons également réaliser qu'il y a des êtres humains — cela n'a rien à voir avec l'Internet —
qui sont guidés par la peur, et que l'on doit faire avec.

Donc l'acteur omniprésent dans tous ces projets, c'est l'OTF : l'Open Technology Fund
qui est à 100% financé par Radio Free Asia et le Broadcasting Board of Governors
ils sont tous deux liés au département d'État US, en théorie, et on n'a pas besoin des détails de toutes façons
puisqu'ils financent tellement de projets
l'Open Technology Fund, bon, toute personne qui est un peu impliquée dans Tor, dans Tails,
dans le chiffrement des emails ou ce genre de choses, c'est assez difficile de ne pas
se retrouver à nager dans leur argent couramment. Alors ils sont partout, dans toutes ces conférences
et tous ceux qui ont l'air de savoir (ou qui simulent bien) quelque chose sur la sécurité et comment améliorer
la sécurité de l'Internet ou de soutenir les technlogies de contournement, ils auront un financement.
c'est en fait assez difficile de ne pas être financé par eux quand on est impliqué là-dedans

Et donc bien sûr si on regarde autour on trouve qu'il y en a un certain nombre dont on peut dire "attends une seconde, ce sont mes amis"
donc le problème est que ce toutes les personnes qui sont payées et qui servent les USA ou la CIA
ne sont pas nécessairement au courant, donc je n'accuse personne ici de mal agir intentionnellement
mais il faut juste voir que nous avons un intérêt commun avec ces types bizarres
qui nous donnent de l'argent pour contourner la censure, et et qui ne comprennent pas quelle est l'idéologie
qui est derrière, quelle est l'économie et quelle est la politique gouvernementale derrière cela.
Faire de nous des outils stupides pour le gouvernement US, ça ne peut pas être satisfaisant...

Et l'autre chose, ce sont les conséquences quand on s'associe avec cet argent et ces personnes,
selon où tu vis, et on en a perdu des amis ces dernières années
en Egypte, en Syrie, dans d'autres endroits. Leurs gouvernements ont un raisonnement très simple
"Fais-tu partie de cette invasion US ou fais-tu partie de notre peuple ?"
Et malheureusement, ils ne prennent pas le temps pour une analyse en profondeur.
Dans ces conflits, ils agissent souvent rapidement.
Et des gens meurent, sont torturés, etc.

Alors bien sûr on peut les accuser de tuer et de torturer mais on doit comprendre pourquoi ils le font
pour éviter que ça arrive encore
et avec la radicalisation des européens avec la montée de l'extrême-droite
on pourrait aussi trouver des situations similaires chez nous
des pays européens équilibrés, à l'Histoire longue, qui ne veulent pas de cette montée, il vaut mieux faire attention maintenant

Évidemment, vivre dans le capitalisme est compliqué, et requiert un effort pour rester indépendant de l'argent facile
et c'est le combat de chacun, je sais, ce n'est pas facile.
En tous cas, ce que l'on doit comprendre, c'est qu'il y a ici un concept nommé le "colonialisme numérique"
et qu'il va main dans la main avec une perte de pouvoir global des entreprises locales
Et vous avez dû entendre qu'en Inde,
un gros mouvement populaire a évité que Facebook amène un internet libre dans le pays

En tous cas le juge a exposé que
puisque le service fourni était gratuit, cela était contraire à la concurrence avec les entreprises locales
ce qui est un bon argument. Bien sûr on ne paie pas Google avec notre argent, ils sont payés avec des données
qu'ils peuvent ensuite revendre.

Donc il y a aussi l'ubérisation des processus économiques, airbnb,
ces trucs où l'intermédiation a lieu
aux US et prend une petite marge dans le processus.

Cela veut aussi dire que les processus économiques
sont transformés d'une économie locale vers l'économie américaine, et on ne devrait pas soutenir cela.
Cela veut aussi dire que des réalités virtuelles sont individualisées et commercialisées
et ils se foutent de la réalité commune, c'est un autre problème.

Donc notre environnement médiatique devient aussi un peu compliqué
proche de la publicités, des produits, services, idéologies
y compris la mesure de l'impact individuel
des milisecondes que l'on prend à cliquer sur une pub
passer sur une autre page, etc.

Si on prend un peu de recul pour regarder le temps long et historique de ce développement,
évidemment il y a eu des royaumes, nous avons eu des kleptocraties nationales
nous avons eu des démocraties à liberté contrôlée
en en passant, la liberté contrôlée est presque une marque déposée d'une entreprise appelée "Dieblod"
vous avez dû entendre parler du problème des machines à voter électronique
donc Diebold est l'un des principaux constructeurs de ces machines, et ils ont un système de collecte des circonscriptions
où les gens cotent pour collecter et rassembler les données. Le système s'appelle "liberty control"

Donc vous voyez un peu l'idée de la confiance que l'on peut avoir dans le vote électronique

mais il y a aussi les limitations des gouvernements nationaux dans les traités internationaux comme TTIP, entre autres accords commerciaux
où les gouvernements nationaux ont de moins en moins de pouvoir puisqu'ils ont des
obligations contractuelles internationales, mais la vraie menace qui vient est bien sûr que
nous courons vers une réalité gouvernée par des algorithmes, permettant que
les décisions commerciales et gouvernementales seront créées et basées sur des algorithmes et des données massives.
c'est ce qu'ils sont en train de mettre en place en ce moment
donc les choses vont devenir encore plus difficiles

Et nos échecs à fournir des services spécifiques est leur plus grande force
notre échec est que Facebook règne sur les putains de réseaux sociaux et pas nos réseaux décentralisés, anonymes
que nous n'avons jamais construits, avec le contrôle de nos propres données

On peut accuser Facebook de beaucoup de choses, mais nous devons aussi
je suppose, constater qu'ils ont fait de bons investissements dans des gens qui comprennent comment amener les gens
à utiliser les technologies de façon très simple sans devenir techniciens

Et donc nous ne sommes toujours pas en train de créer du mail, du chat, chiffré, sans effort et sans traces
où les gens n'ont pas à penser à l'échange de clés et tout ce genre de choses
les gens normaux trouvent juste ça trop compliqué
mais il y a aussi de l'intermédiation de la compréhension culturelle
il y a aussi quelque chose qui concerne l'intermédiation des conflits ici
notre compréhension du monde islamique par exemple, et leur compréhension de notre monde
il y a encore tellement à faire, parce que ce que l'Internet a fait, et
le complexe de la liberté sur Internet n'a fait qu'exporter l'idéologie occidentale au lieu
d'essayer de comprendre les différences culturelles et le complexe qui se créerait si ces cultures
venaient à se rencontrer. Donc il y a aussi évidemment
un rôle énorme où nous avons échoué pour l'instant, celui d'améliorer la compréhension et
l'usage significatif de ces technologies par les gouvernements et les communautés

Donc en théorie, on devrait tous devenir des conseillers des gouvernements
et si ce n'est pas une option pour vous, alors merci de créer votre propre gouvernement, je pense que nous avons besoin de beaucoup plus de gouvernements sur cette planète
le pouvoir est bien meilleurs lorsqu'il est distribué

Donc que devrions nous faire ?

Les grands problèmes insolubles
nous devons les découper en problèmes plus petits que nous pouvons manipuler, donc par exemple augmenter le nombre de gouvernements
si les gouvernements sont trop gros et trop compliqués à réparer, c'est parce qu'ils sont tellement cassés et corrompus
et je suppose que la situation politique française, d'après ce que j'ai entendu dans mes conversations d'hier soir
est à peu près aussi pétée qu'en Allemagne, alors c'est difficile d'imaginer que l'on peut réparer ça
Mais peut-être ce que l'on peut faire est de découper les gouvernements en morceaux plus petits, et les pays en morceaux plus petits
de façon à reprendre le contrôle avec des sommes d'argents raisonnables, des structures raisonnables

Et technologiquement, bien sûr, nous devons construire des services décentralisés
où l'on peut développer des pensées alternatives et des stratégies, d'abord
la révolution n'arrivera ni sur Facebook, ni à la TV

On peut probablement être d'accord là dessus
et créer des data centers locaux, et des solutions cloud pratiques qui supportent une souveraineté numérique

Donc voilà en gros la liste de choses à faire, et je pourrais ..

Je pensais qu'à la fin je devais vous donner quelques idées de ce que vous pourriez faire
donc comme je le disais, devenez conseillers du gouvernement
pour empêcher le colonialisme numérique, d'ailleurs en passant, j'ai essayé de devenir conseiller du gouvernement
invité par des pays latino américains
mais c'était un peu bizarre
parce qu'ils disaient "ouais on pense qu'on doit créer un framework"
mais le développement de l'Internet, d'une certaine manière va avec
nos processus économiques, culturels et politiques
donc ils discutaient et ils ont réalisé que Google venait de décider de connecter toutes les écoles du pays
Je ne suis vraiment pas fan des nazis ou de Goebels en particulier
mais de temps en temps il avait des formules très claires, dont l'une d'entre elles : "tu as la jeunesse, tu as le futur"

Fin de l'histoire. Donc si tu échoues

pendant 15-20 ans à faire quelque chose avec le système éducatif et Internet, alors Google, Facebook viennent et connectent les écoles
et tu es fini. Et c'est la situation de nombreux pays.

Donc le genre de choses à faire : décentraliser, aussi pour l'économie, pour créer
les ponts culturels entre les religions et les pays

Et évidemment j'ai été interrompu pendant que je faisais les diapos avec de la bonne nourriture
donc voilà, vous avez quelques références.

C'était en gros mon intervention, et maintenant je serais heureux d'avoir vos retours, questions, réponses

Merci. [applaudissements]




Benjamin Sonntag
27 août 2016

est un des membres historiques du club des hackeurs allemands, le , figure de proue dans l'information, la formation et l'activisme dans les domaines des technologies informatique et Internet. Défendant la protection des données personnelles des citoyens depuis 1995 avec le , il a fait en mai 2016 une conférence au , le rendez-vous annuel de hackeurs à Toulouse.

Avec mon amie Marine, impressionnés par les idées lancées par Andy, nous avons décidé d'en faire un montage correct et de vous la proposer avec sous-titres en anglais et en français.

Nous vous en souhaitons une belle découverte !

Dans cette conférence, Andy évoque les ONG de défense des libertés à l'ère numérique, et fait le point sur leur financement par des fondations américaines, bien souvent faux-nez de la CIA...

Tout le monde y prend pour son grade, mais la discussion est surtout intéressante pour remettre en perspective les influences diverses des USA sur les pays à travers diverses ONG. Loin de vouloir jetter ces associations avec l'eau sale du bain de la CIA, il nous propose juste de réfléchir à ces sujets avec des arguments intelligents et intelligibles.
Et même si aucune réponse définitive n'est apporté par sa conférence, il nous propose des pistes intéressantes ... à développer.

Andy Müller Maguhn, THSF 2016, en Français

Le complexe militaro industiel de défense des libertés sur Internet

Les choses dont je vais parler étant hélas plutôt sérieuses,

Je pense qu'il serait souhaitable de vous prévenir, avant de démarrer, que ma présentation
peut contenir des traces de réalité, et si vous n'êtes pas prêt à l'admettre, vous devriez peut-être partir

Okay okay... Si vous pensez pouvoir gérer ça, allons-y.

Donc, la liberté d'information est une des valeurs de base des hackers
Par conséquent, il est surprenant que nous nous retrouvions entourés de toute une industrie
d'activités financées par les militaires, le gouvernement, et le département d'état américain,
qui parlent tous des libertés sur Internet.

Enfin, les libertés sur Internet, ou leur version de celles-ci, et
Rappelons qu'il s'agit de quelque chose de très différent de ce dont on parle quand on parle
de liberté d'information. On parle plutôt de WikiLeaks que de Google.
Et lorsque l'on parle de communications illimités et non censurées, on parle bien entendu d'accéder à tout
et pas de propriété intellectuelle.

Donc, on parle de transparence des affaires, des technologies,
que nous voulons une technologie transparente, des gouvernements transparents, et des structures transparentes
et on associe tout cela avec la liberté d'information

Donc l'éthique des hackers comprend aussi quelques idées sur les structures
par exemple que les autorités sont rarement favorables à la libre circulation des informations
ni que les autoritéq ou les hiérarchies sont vraiment utiles.
Et aussi que la décentralisation est une bonne chose.
des lieux centraux, et des lieux de contrôle centraux, entraînent des abus de contrôle centralisés

Donc, si on s'inquiète de la corruption des gouvernements, et de la corruption dans toutes sortes d'entités
ces lieux centraux sont une invitation à la corruption, ils sont là pour être abusés.
On a aussi l'auto-détermination informationnelle, qui précise que celui qui
entre des données dans un système devrait être celui qui décide de ce qu'il en advient
Connu ici sous le nom d'intimité, qui est la base pour des gens comme nous.

Cependant, nous ne sommes pas que des hackers, mais aussi des êtres humains
et il y a d'autres valeurs qui nous tiennent à cœur. Comme les Droits de l'Homme,
et de ne pas soutenir toute activité, action ou structure qui agit en violation des Droits de l'Homme.
Comme l'invasion militaire, la torture, des Guantanamo-bays, tenant en leurs mains la survie de quelques humains...
Cela est évidemment quelque chose de très humain.

Soutenir la résolution non militaire des conflits me paraît aussi une excellente idée.
Ne pas soutenir les agences de renseignement, donc ne pas leur donner de données, ni les aider d'aucune manière.

Sachant que les agences de renseignement tendent à devenir le véritable ennemi.
Leur business réel étant de garder secrète l'information afin de ralentir tout processus
ou enlever l'information de tout processus pour mieux le contrôler.

C'est l'idée clé des agences de renseignement, d'apporter
l'information à peu de monde, et pas à tous ceux impliqués dans un sujet, afin de ralentir les choses
ils sont alors plus facile à contrôler par ceux qui disposent de cette information.

Ce n'est bien entendu pas notre jeu préféré.
Le respect des êtres humains et de leur culture est aussi quelque chose qui ne devrait pas être expliqué.

Vous comprendrez dans une minute pourquoi je rappelle cela maintenant.
Ensuite, il y a des questions plus complexes sur lesquelles nous pourrions peut-être ne pas être d'accord.

Par exemple, si les états-nations, les pays, ont le moindre sens
tous ceux qui voyagent ces temps-ci, et nous faisons cela probablement beaucoup
connait cette frustration, attendant au guichet de contrôle des passeports,
déclarant des biens à importer ou exporter,
et toutes ces autres choses qui nous emmerdent et que nous n'avons pas sur Internet
où nous pouvons voyager en une seconde
et où nous n'avons jamais besoin de montrer notre passeport, et nous n'avons jamais besoin de déclarer nos biens numériques à un officier des douanes
ou du moins, pas encore ...

Cependant, en théorie, les gouvernements peuvent jouer un rôle important.
Par exemple la balance entre le droit du commerce et ceux des citoyens
Mais nous n'allons probablement pas trouver de consensus sur la façon de traiter les gouvernements
si nous voulons les éliminer, seulement les ignorer, les détruire...
ou peut-être même penser qu'il est une bonne idée de soutenir des gouvernements et de payer des taxes pour l'intérêt commun
comme les écoles, les rues, les infrastructures, mettre en prison
ceux qui ne respectent rien...

Mais il y a un problème et c'est ... Bien entendu je connais de près les théories anarchistes
et je n'ai jamais été un grand supporter des gouvernements
mais je vois un problème si l'on détruit les gouvernements
car si on limite le nombre de gouvernements, alors ceux qui restent tendent à devenir plus puissants.

Et le gouvernement unique, celui qui veut dominer le monde, ce sont les États-Unis.
Ils saisissent chaque opportunité pour fragiliser les gouvernements de par le monde
afin qu'ils cèdent à leur pouvoir et permettent au leur d'être toujours plus puissant
et c'est exactement ce à quoi ils jouent avec l'Internet, et ce dont on parle.

Donc, vous avez peut-être déjà vu le jeu qui se joue ici

L'armée US ne l'appelle pas "guerre de l'information", mais plutôt "opérations d'information"
et vous avez certainement vu les révolutions de couleur en Ukraine
et dans les anciens pays soviétiques

Certaines ont connu plus de succès que les autres

Certaines avec violence, certaines sans violence, mais
certaines d'entre eux ont réussi à renverser leurs gouvernements et à remplacer
quelques kleptocrates ou quelques personnages douteux par d'autres personnages douteux

Et maintenant, dans certains endroits, en lieu et place d'étranges kleptocrates, on trouve des actifs corrompus de la CIA
La question de s'il s'agit d'une amélioration reste ouverte

Donc ce premier tour, si on regarde ce que Soros a financé en Europe de l'est
cela a créé une paranoia intense dans les pays restants
qui pose encore problème.

Donc si on regarde comment Assad en Syrie a géré la scène de l'Internet en Syrie,
il posait simplement aux gens des questions simples : « travailles-tu pour nous ou contre nous ? »

Fais-tu partie de la solution ou du problème ? Donc ils étaient très sensibles
à quiconque obtenant un financement de Soros ou de la CIA
ou d'autres forces US, puisqu'ils pensaient que les Américains joueraient le même jeu
et cela a une importance, dans un tel scenario, s'il est vrai
la paranoia fonctionne. C'est sa propre dimension qui permet de changer les règles du jeu

Ce premier tour a créé des conflits militaires sérieux
et ces conflits militaires ont amené de nombreuses personnes
à quitter leurs pays, et ce sont les réfugiés que nous avons ici aujourd'hui.

Voilà pour les traces de réalité que je pense que nous devons voir. Et cela a à voir avec l'Internet
et avec la façon dont l'Internet influence les pays
et les gouvernements réagissent, et l'on voit des modèles spécifiques qui se répliquent dans différents endroits

Puis il y a la réalité et l'action à l'échelle globale des entreprises américaines

Dans le passé, il était assez simple
pour un gouvernement de prendre le contrôle de la réalité

La réalité ce n'est pas ce qui se passe dans les rues

La réalité c'est ce qui est créé dans l'esprit des gens, je parle ici de constructivisme
et de la perception des choses
ce que vous voyez à la TV, que vous lisez dans les journaux, que vous entendez à la radio
tout cela crée des représentations dans votre esprit, du monde où vous pensez vivre

Dans le passé il était assez simple de mettre l'éditeur sous pression
de créer des lois pour régir les médias, etc.

En Allemagne par exemple, nous avons une loi de pré-censure
toute publication doit mentionner une personne qui en est responsable

Pour que l'on puisse faire pression sur cette personne, la mettre en prision ou la condamner pour violation du copyright ...

En tous cas, c'est aujourd'hui plus compliqué, puisque les principaux acteurs : Google, Facebook, Twitter
sont tous sous juridiction Américaine

Mais ... [bruits de destruction d'un disque dur à la perceuse]
[extrait du film CitizenFour]

Vous avez probablement déjà vu cette scène

Ce sont les rédacteurs en chef du Guardian dans les sous-sols du bâtiment, en train de détruire les disques durs contenant les archives de Snowden
être sous la pression et la surveillance du GCHQ, l'agence de renseignement du Royaume Uni
est en quelque sorte un peu vieux jeu, et cela ne fonctionne pas de façon fiable pour
Internet. Donc aujourd'hui, il y a une gestion plus libérale
et c'est ce qui a bien sûr permis à l'Internet de se développer

Donc le 1er amendement de la constitution américaine, la liberté d'expression,
était bien meilleur que ce que l'on peut avoir dans de nombreux pays, et c'était appréciable
on pouvait dépasser les limitations de nos propres pays
et nous avons apprécié cette gestion plus libérale
mais cette gestion libérale a également amené la surveillance de masse
qui assurait au gouvernement des États-Unis un accès à tout ce qui se passe
et cela amène aussi une propriété intellectuelle qui constitue une version occidentale de la censure
et une perte de pouvoir des gouvernements locaux
et des structures locales, l'état sous-jacent est au contrôle.

Donc d'une certaine manière, les US amènent une idéologie totalitaire : une liberté totalitaire
Il s'agit un peu d'une gestion libérale, et c'est un peu compliqué puisque
la véritable liberté et la liberté dans une gestion libérale des choses
cela semble positif, bien qu'il s'agisse de la version commerciale
donc cela amène une autre grande question, qui est : comment
s'assure t-on que nous avons toujours quelque chose pour nous, nos enfants, nos communautés, notre pays
qui pourrait être la souveraineté numérique
parce que si nous vivons tous dans un cadre dont les règles sont produites par des entreprises américaines,
donc au final par des personnes sous le contrôle du gouvernement US

Ces entreprises agissent au sein de la juridiction américaine, et elles ne peuvent pas y échapper
donc la question de notre propre souveraineté dans ce scénario demeure.

Cela nous amène alors à voir qu'en effet, nous sommes déjà une partie du problème
parce que nous sommes ceux qui fournissent l'anonymisation, les technologies de contournement
des gouvernements locaux qui essaient de rester en contrôle constant des infrastructures cybernétiques
qui créent la réalité, au sens constructiviste du terme.

Donc les gouvernements cherchent à rester souverains d'une certaine manière
et nous espérons surmonter cela en permanence
cette part d'entre nous fait en sorte que nous ayons des droits numériques
nous avons de toutes parts l'environnement des ONG Soros, et j'en ai parlé à des gens en Hollande
et déjà dans les années 80, quand il y avait ce projet de média "B92"
c'était toute la scène néerlandaise, environ 50 à 60 personnes
c'était comme ça dans le passé, ils ont commencé à travailler pour Soros, alors c'est un peu bizarre
de voir que certains millionnaires américains peuvent acheter une scène entière
et donc par rapport à cet argent, les gens disaient
"allez on prend juste l'argent des américains et ce qu'on fait continue à nous appartenir"
mais est ce que cet argent est offert sans contrepartie ?
c'est vraiment de l'argent gratuit comme dans "bière gratuite" ? de quoi s'agit-il ?
et de quelle liberté d'Internet parle-t-on aujourd'hui ?
il y avait aussi ce truc qui s'appelait — ça se passait en Espagne —
ce truc appelé le "festival de la liberté d'Internet" cette année
l'an dernier c'était le "festival du contournement"
et donc il y a quelque chose d'amusant. J'étais là-bas en mars cette année
Il y avait beaucoup de conférences à propos de la censure, d'Internet, de comment la vaincre
ce que l'on peut faire, quelles technologies sont disponibles, ce qui est utilisable, peut-être
les améliorations nécessaires pour que les personnes non techniciennes puissent y avoir accès
tout cela a l'air très bien, mais tous les exemples de la conférence étaient
étrangement la Syrie, l'Iran, la Corée du Nord, vous savez, les méchants pays habituels
et plus personne ne parlait de la NSA et de la surveillance.

Donc, c'est assez amusant quand on regarde toutes les choses que
les autres font. Alors j'ai regardé qui organisait cette conférence et
le principal organisateur, qui est openitp.org — c'est l'organisation
derrière l'événement — j'ai trouvé un type appelé Sascha Meinrath
de la fondation Acorn Active Media, jamais entendu parler de lui
je l'ai googlé, et il a une page Wikipedia, il ressemble à un connard, mais peu importe
en tous cas, il est vice président de la New America Foundation et chose intéressante
c'est le cas de son staff de Acorn Active Media Foundation, qui a exactement 3 personnes en tout, qui travaillent également tous
pour la New America Foundation. Et donc qu'est ce que la New America Foundation ?

Le président du conseil d'administration de la New America Foundation est un type appelé Eric Schmidt

Le président exécutif de Google !

Maintenant on commence à comprendre ce que signifient les libertés sur Internet. Google partout ... Okay...

Nous y voilà. Et donc ensuite j'ai regardé leur page web ce matin
et regardez : Jonathan Soros !
Le fils de George Soros rejoint aussi le conseil d'administration, génial !

Donc on commence à les rassembler. Alors j'ai utilisé un peu Maltego
Je suppose que vous connaissez Maltego, c'est un petit logiciel que vous pouvez utiliser aussi hors ligne pour visualiser des choses complexes

Donc sur la droite, vous avez ce festival, vous avez les acteurs, Acorn Active Media
et tout mène à la New America Foundation, mais il y a aussi Google,
Soros, l'Open Society Foundation, et les jeux de changement de régime des révolutions de couleur.

— Personne ne peut lire ça hein ? —

Soros est sur la gauche, le festival est sur la droite, et en tous cas vous voyez en gros ce que je viens d'expliquer

Donc il y a d'autres schémas sur Internet qui cherchent à montrer Soros tel qu'il est connu pour
l'ensemble des ONG qu'il soutient
Il y a aussi ici un projet précédent appelé l'Open Government Partnership
et des trucs comme 'monitor group' qui a toujours surveillé toutes sortes de pays où les US voulaient
prendre le contrôle ou renverser les gouvernments ou effectuer certaines de leurs étranges opérations
et donc c'est juste une longue histoire où les services de renseignement US alliés à ceux des britanniques
ont leurs bases avancées sous couverture d'ONGs
déployées dans toutes sortes de pays, donc c'est juste le jeu normal qu'ils jouent depuis plus de 20 ans
et en particulier lorsqu'on en vient aux révolutions de couleur, on trouve sur Internet tout un tas de
choses où les gens analysent comment ça fonctionne, comment Soros entraîne les gens
qui est financé par quoi, comment ils savent exactement la façon dont les gouvernements vont réagir
c'est comme un réflexe, pour certains gouvernements, et on peut savoir quoi faire
pour les mettre tellement en colère et les faire sur-réagir, et enfin pouvoir les accuser de
violer les droits de l'Homme, et ensuite c'est un processus automatique
qui peut même se terminer par un gros conflit militaire

On m'a aussi dit qu'il ne fallait pas
sous estimer une personne appelée Peter Thiel

C'est un millionnaire Américain, qui travaille avec Soros sur certains projets
Il est aussi connu pour travailler avec la CIA et créer des entreprises technologiques qui
fournissent des outils pour la NSA et la CIA

Et tous les deux font aussi partie du même manège avec l'Open Society Foundation
Voilà la vue d'ensemble qui implique maintenant, dans cette seconde version,
vous avez ces types de l'Internet Freedom Festival, les gens de la CIA, Soros, Thiel
les agences à 3 lettres, certains d'entre eux fournissent un Internet libre
et les autres fournissent les outils pour surveiller l'Internet libre

Quel beau monde !

Et aussi certains d'entre eux ont des sous-partenaires pour renverser les gouvernements, et c'est là une autre partie du jeu

Donc bien sûr on peut se poser la question
"au fond, le changement de régime a l'air d'être une bonne idée, ne pourrait-on pas changer le régime US ? "

Et bien, il y a deux problèmes ici, le premier est une blague politique
un changement de régime n'est jamais arrivé aux US puisqu'il n'y a pas d'ambassade US aux US
parce que c'est là où les US ont une embassade que
le contrôle des figures locales est opéré

En tous cas, les US tels qu'on les connaît est la meilleure démocratie que l'argent puisse acheter, alors c'est un peu compliqué
de s'impliquer sans avoir beaucoup d'argent, aussi
évidemment, ce que l'on a appris des donnée de Snowden est que l'État est pleinement actif

Donc concernant les ressources, honnêtement, on n'est pas mauvais technologiquement, mais on est un peu juste en ressources
comparés à ces types.

Donc, alors on a aussi des projets comme Tor, qui honnêtement est une des meilleures choses que cette scène a produit

Je veux dire, c'est pas mal, ça marche, déjà

En tous cas, c'est bien sûr le cœur du contournement de la censure local, ou des tentatives locales de contrôler l'Internet

Donc si on regarde par exemple le fait que la RFC Tor permet maintenant
aux sercices en .onion de devenir un standard Internet. Pour financer ça, il y avait Facebook

Alors on peut maintenant être tous très fiers
d'avoir aidé ces pauvres gens opprimés en Iran
en Corée du Nord, ou autres
Ils peuvent enfin apporter leurs données en toute sécurité à Facebook et aux systèmes de la NSA

Bravo, on a fait un super boulot. C'est quoi ce bordel ! [applaudissements]

Donc. Mais qui finance Tor au fait ? Je veux dire, on savait tous que pendant un certain temps
il y avait ce type, "Radio Free Asia"
SRI International, le département d'État américain
et plein d'autres qui financent Tor.

Et Tor a juste commencé à la fin de l'année dernière ce qu'ils appellent un "financement communautaire"
mais en fait j'ai parlé avec Shari Steele, la nouvelle directrice exécutive de
Tor, et chose amusante, elle est mariée à un agent de la NSA mais
je n'ai bien sûr pas dit ça dans une conférence publique
et je l'ai interrogée sur ses idées de financement communautaire, pour savoir si on devrait commencer à lever des fonds, et "ouais ouais mais l'argent n'est pas si important
pour le moment on est très stables", donc leurs financements récurrents viennent de la fondation Ford, SRI International
Google, Radio Free Asia, qui était un opérateur direct de la CIA
le département d'État Américain, le Omidyar Network, un autre millionnaire dans ce jeu là

Donc seulement trois de ces entités sont directement associées avec la CIA
je trouve ça un peu merdique, et par ailleurs toutes les personnes qui sont impliquées savent ça depuis longtemps
ça fait juste bizarre que ce sont ces personnes qui nous soutiennent pour fournir un Internet libre
c'est étrange. Nous devons, peut-être,
avoir une meilleure compréhension de pourquoi ils font ça et si nous avons réellement des intérêts partagés, et comment tout cela va finir

Bien sûr, des gens vont dire "attends une seconde, Tor fait partie de la communauté des gens bien,
ne les traite pas de mauvais, ce sont mes amis, n'est-ce pas" et on a un problème ici parce que
l'opposé de faire quelque chose de bien, ce n'est pas faire le mal
l'opposé de "bien agir" c'est "agir avec les meilleures intentions"
Comme vous pouvez le voir dans cette petite scène

[extrait de Pulp Fiction]

Donc agir avec les meilleures intentions est un peu délicat
C'était un extrait de Pulp Fiction

Donc parlons de Tor, de contournement, du bien et du mal pendant une seconde
Alors bien sûr le contournement de la censure ne peut pas être une mauvaise chose pour nous tous
Pourtant ce qui peut être un problème c'est ce que cela permet
le colonialisme numérique ou l'"ouverture de marchés" comme Google ou Facebook l'appelleraient

Cela leur permet d'accéder à des marchés où le gouvernement
cherche à éviter que leurs citoyens finissent dans les systèmes américains
Donc l'autre point, c'est que si vous essayez d'avoir cette discussion avec Roger Dingledine
qui est la personne qui a quasiment consacré sa vie à Tor et qui fait tourner la boutique
et j'ai eu cette discussion avec lui
Il y a quelque chose de marrant avec ces Américains, c'est qu'il pensent toujours que "oh tu ne comprends pas"
"Vous et vos façons de voir européennes, vous savez, nous sommes les américains"
"Et on va vous montrer que tout ira bien une fois qu'on aura établi ceci et cela"

On appelle ça "exceptionnalisme". Ils se sentent investis du pouvoir de Dieu ou de peu importe ce en quoi ils croient
Ils pensent pouvoir répandre leur idéologie sur tout le reste de la planète et que tout ira pour le mieux.
Tellement convaincus de faire ce qui est juste.
Il s'agit véritablement d'agir avec les meilleures intentions.

En tous cas, ce dont ils manquent de façon évidente
c'est de compréhension des autres cultures, cela n'a aucune importance pour eux
Une fois que l'on pense faire ce qui est bien et juste, pourquoi avoir besoin de comprendre les autres cultures ?

On leur amène les meilleures solutions, non ?

Peu importe ce qu'ils sont, ce qu'ils pensent, etc.

C'est ce que j'appelle le libéralisme totalitaire
qui est une idéologie complexe
mais si on regarde ça aujourd'hui, il y a en ce moment une discussion entre un rappeur palestinien
et sa communauté, parce que ce que ce type pense est
que cela renforce le radicalisme islamique et que les gens ont peur
quand ils voient ce que les médias occidentaux leur apportent
que les gens ont des confusions de genre, et toutes sortes de
problèmes humains qu'ils n'auraient pas s'ils restaient un peu sobres
et cela est complexe parce que la peur est aussi une dimension similaire à la paranoia
et que se sentir investi d'un pouvoir est par contre une dimension de l'action
et le contournement de la censure s'il s'attaque déjà à la peur, demeure une question ouverte
et nous devons également réaliser qu'il y a des êtres humains — cela n'a rien à voir avec l'Internet —
qui sont guidés par la peur, et que l'on doit faire avec.

Donc l'acteur omniprésent dans tous ces projets, c'est l'OTF : l'Open Technology Fund
qui est à 100% financé par Radio Free Asia et le Broadcasting Board of Governors
ils sont tous deux liés au département d'État US, en théorie, et on n'a pas besoin des détails de toutes façons
puisqu'ils financent tellement de projets
l'Open Technology Fund, bon, toute personne qui est un peu impliquée dans Tor, dans Tails,
dans le chiffrement des emails ou ce genre de choses, c'est assez difficile de ne pas
se retrouver à nager dans leur argent couramment. Alors ils sont partout, dans toutes ces conférences
et tous ceux qui ont l'air de savoir (ou qui simulent bien) quelque chose sur la sécurité et comment améliorer
la sécurité de l'Internet ou de soutenir les technlogies de contournement, ils auront un financement.
c'est en fait assez difficile de ne pas être financé par eux quand on est impliqué là-dedans

Et donc bien sûr si on regarde autour on trouve qu'il y en a un certain nombre dont on peut dire "attends une seconde, ce sont mes amis"
donc le problème est que ce toutes les personnes qui sont payées et qui servent les USA ou la CIA
ne sont pas nécessairement au courant, donc je n'accuse personne ici de mal agir intentionnellement
mais il faut juste voir que nous avons un intérêt commun avec ces types bizarres
qui nous donnent de l'argent pour contourner la censure, et et qui ne comprennent pas quelle est l'idéologie
qui est derrière, quelle est l'économie et quelle est la politique gouvernementale derrière cela.
Faire de nous des outils stupides pour le gouvernement US, ça ne peut pas être satisfaisant...

Et l'autre chose, ce sont les conséquences quand on s'associe avec cet argent et ces personnes,
selon où tu vis, et on en a perdu des amis ces dernières années
en Egypte, en Syrie, dans d'autres endroits. Leurs gouvernements ont un raisonnement très simple
"Fais-tu partie de cette invasion US ou fais-tu partie de notre peuple ?"
Et malheureusement, ils ne prennent pas le temps pour une analyse en profondeur.
Dans ces conflits, ils agissent souvent rapidement.
Et des gens meurent, sont torturés, etc.

Alors bien sûr on peut les accuser de tuer et de torturer mais on doit comprendre pourquoi ils le font
pour éviter que ça arrive encore
et avec la radicalisation des européens avec la montée de l'extrême-droite
on pourrait aussi trouver des situations similaires chez nous
des pays européens équilibrés, à l'Histoire longue, qui ne veulent pas de cette montée, il vaut mieux faire attention maintenant

Évidemment, vivre dans le capitalisme est compliqué, et requiert un effort pour rester indépendant de l'argent facile
et c'est le combat de chacun, je sais, ce n'est pas facile.
En tous cas, ce que l'on doit comprendre, c'est qu'il y a ici un concept nommé le "colonialisme numérique"
et qu'il va main dans la main avec une perte de pouvoir global des entreprises locales
Et vous avez dû entendre qu'en Inde,
un gros mouvement populaire a évité que Facebook amène un internet libre dans le pays

En tous cas le juge a exposé que
puisque le service fourni était gratuit, cela était contraire à la concurrence avec les entreprises locales
ce qui est un bon argument. Bien sûr on ne paie pas Google avec notre argent, ils sont payés avec des données
qu'ils peuvent ensuite revendre.

Donc il y a aussi l'ubérisation des processus économiques, airbnb,
ces trucs où l'intermédiation a lieu
aux US et prend une petite marge dans le processus.

Cela veut aussi dire que les processus économiques
sont transformés d'une économie locale vers l'économie américaine, et on ne devrait pas soutenir cela.
Cela veut aussi dire que des réalités virtuelles sont individualisées et commercialisées
et ils se foutent de la réalité commune, c'est un autre problème.

Donc notre environnement médiatique devient aussi un peu compliqué
proche de la publicités, des produits, services, idéologies
y compris la mesure de l'impact individuel
des milisecondes que l'on prend à cliquer sur une pub
passer sur une autre page, etc.

Si on prend un peu de recul pour regarder le temps long et historique de ce développement,
évidemment il y a eu des royaumes, nous avons eu des kleptocraties nationales
nous avons eu des démocraties à liberté contrôlée
en en passant, la liberté contrôlée est presque une marque déposée d'une entreprise appelée "Dieblod"
vous avez dû entendre parler du problème des machines à voter électronique
donc Diebold est l'un des principaux constructeurs de ces machines, et ils ont un système de collecte des circonscriptions
où les gens cotent pour collecter et rassembler les données. Le système s'appelle "liberty control"

Donc vous voyez un peu l'idée de la confiance que l'on peut avoir dans le vote électronique

mais il y a aussi les limitations des gouvernements nationaux dans les traités internationaux comme TTIP, entre autres accords commerciaux
où les gouvernements nationaux ont de moins en moins de pouvoir puisqu'ils ont des
obligations contractuelles internationales, mais la vraie menace qui vient est bien sûr que
nous courons vers une réalité gouvernée par des algorithmes, permettant que
les décisions commerciales et gouvernementales seront créées et basées sur des algorithmes et des données massives.
c'est ce qu'ils sont en train de mettre en place en ce moment
donc les choses vont devenir encore plus difficiles

Et nos échecs à fournir des services spécifiques est leur plus grande force
notre échec est que Facebook règne sur les putains de réseaux sociaux et pas nos réseaux décentralisés, anonymes
que nous n'avons jamais construits, avec le contrôle de nos propres données

On peut accuser Facebook de beaucoup de choses, mais nous devons aussi
je suppose, constater qu'ils ont fait de bons investissements dans des gens qui comprennent comment amener les gens
à utiliser les technologies de façon très simple sans devenir techniciens

Et donc nous ne sommes toujours pas en train de créer du mail, du chat, chiffré, sans effort et sans traces
où les gens n'ont pas à penser à l'échange de clés et tout ce genre de choses
les gens normaux trouvent juste ça trop compliqué
mais il y a aussi de l'intermédiation de la compréhension culturelle
il y a aussi quelque chose qui concerne l'intermédiation des conflits ici
notre compréhension du monde islamique par exemple, et leur compréhension de notre monde
il y a encore tellement à faire, parce que ce que l'Internet a fait, et
le complexe de la liberté sur Internet n'a fait qu'exporter l'idéologie occidentale au lieu
d'essayer de comprendre les différences culturelles et le complexe qui se créerait si ces cultures
venaient à se rencontrer. Donc il y a aussi évidemment
un rôle énorme où nous avons échoué pour l'instant, celui d'améliorer la compréhension et
l'usage significatif de ces technologies par les gouvernements et les communautés

Donc en théorie, on devrait tous devenir des conseillers des gouvernements
et si ce n'est pas une option pour vous, alors merci de créer votre propre gouvernement, je pense que nous avons besoin de beaucoup plus de gouvernements sur cette planète
le pouvoir est bien meilleurs lorsqu'il est distribué

Donc que devrions nous faire ?

Les grands problèmes insolubles
nous devons les découper en problèmes plus petits que nous pouvons manipuler, donc par exemple augmenter le nombre de gouvernements
si les gouvernements sont trop gros et trop compliqués à réparer, c'est parce qu'ils sont tellement cassés et corrompus
et je suppose que la situation politique française, d'après ce que j'ai entendu dans mes conversations d'hier soir
est à peu près aussi pétée qu'en Allemagne, alors c'est difficile d'imaginer que l'on peut réparer ça
Mais peut-être ce que l'on peut faire est de découper les gouvernements en morceaux plus petits, et les pays en morceaux plus petits
de façon à reprendre le contrôle avec des sommes d'argents raisonnables, des structures raisonnables

Et technologiquement, bien sûr, nous devons construire des services décentralisés
où l'on peut développer des pensées alternatives et des stratégies, d'abord
la révolution n'arrivera ni sur Facebook, ni à la TV

On peut probablement être d'accord là dessus
et créer des data centers locaux, et des solutions cloud pratiques qui supportent une souveraineté numérique

Donc voilà en gros la liste de choses à faire, et je pourrais ..

Je pensais qu'à la fin je devais vous donner quelques idées de ce que vous pourriez faire
donc comme je le disais, devenez conseillers du gouvernement
pour empêcher le colonialisme numérique, d'ailleurs en passant, j'ai essayé de devenir conseiller du gouvernement
invité par des pays latino américains
mais c'était un peu bizarre
parce qu'ils disaient "ouais on pense qu'on doit créer un framework"
mais le développement de l'Internet, d'une certaine manière va avec
nos processus économiques, culturels et politiques
donc ils discutaient et ils ont réalisé que Google venait de décider de connecter toutes les écoles du pays
Je ne suis vraiment pas fan des nazis ou de Goebels en particulier
mais de temps en temps il avait des formules très claires, dont l'une d'entre elles : "tu as la jeunesse, tu as le futur"

Fin de l'histoire. Donc si tu échoues

pendant 15-20 ans à faire quelque chose avec le système éducatif et Internet, alors Google, Facebook viennent et connectent les écoles
et tu es fini. Et c'est la situation de nombreux pays.

Donc le genre de choses à faire : décentraliser, aussi pour l'économie, pour créer
les ponts culturels entre les religions et les pays

Et évidemment j'ai été interrompu pendant que je faisais les diapos avec de la bonne nourriture
donc voilà, vous avez quelques références.

C'était en gros mon intervention, et maintenant je serais heureux d'avoir vos retours, questions, réponses

Merci. [applaudissements]




Benjamin Sonntag
27 août 2016

is one of the historical members of the German hacker club , the , teachinng computer and security, trying to enhance the policies on data protection and digital activism since 1984. He is also figthing for a better protection of personal data in the law through the since 1995. In May 2016, he did this conference at , the annual hacker meeting in Toulouse, France.

With my friend Marine, we were impressed by the ideas launched by Andy, and decided to make a proper editing of the video, including French and English subtitles.

We wish you a nice conference!

During this conference, Andy talk about the miscellaneous ngo fighting for digital freedom, and pointing who is financing them, mostly american foundations, often hiding the CIA behind it...

Everyone get hurt here... but the discussion is very insightful when it come to the influence of the USA in the various countries where those NGO are fighting. andy doesn't want to destroy them in any way by showing their links with US fundings, but ask us to think about what influences us with smart and insightful arguments.

Even if no definitive answer is given in the end, Andy still proposes interesting ideas and solutions... to be developped...

Andy Müller Maguhn, THSF 2016, in English

The Militari Industrial Internet Freedom Complex

Unfortunately the things I'm going to talk about are from a rather serious context, so
I thought it would be good to give a small warning right at the beginning that my presentation
may contain traces of reality and if you can't deal with that then maybe you'd better leave

Okay. Okay. If you think you can deal with it we go ahead.

So, freedom of information is obviously one of the basic hacker value

So it's a bit surprising that we find ourselves surrounded today by a whole industry
by military, governmental, US State Department funded activities,
that all talk about Internet freedom.

Well, Internet freedom, how they spell it might be, and

I think I'll point out very clearly something totally different that what we talk when we mean
freedom of information we probably mean more WikiLeaks than Google.

And when we talk about unlimited uncensored communication, then we obviously mean access to everything
and not intellectual property.

So, when we talk about transparency of affairs of technology
that we want transparent technology, we want transparent governments, and we want transparent structures
and this is what we associate with freedom of information and these kind of things.

So also the hacker ethics does include some ideas on structures
that authorities for example are rarely helpful in the game of free flow of information
nor the authorities or hierarchies are really helpful

And also that decentralization is a good idea
central places and central also places of control attracts central abuse of control

And so if we look at the corruption of governments and if we look at corruption in all kind of entities
these central places that are inviting to get corrupted, or that are inviting to get abused

So also obviously respect of informational self-determination is all about
whoever puts data in the system should be the one to decide what happens with it

So out there known as privacy, it's just a basic thing for people like us.
However we're not only hackers, we're also human beings
and so there's obviously some values out there that also make sense. For example Human Rights.

And to not support any activities or actions, structures, that are acting in active violation of Human Rights.

So, like military aggressions, torture, Guantanamo-bay-like, handling a few human beings survivance
That's obviously a core human thing.

Supporting of non military conflict-resolution also stands for me like a pretty good idea.

Not support of intelligence agencies, so neither feeding them with data, nor providing them with any kind of support.

As intelligence agencies tend to be interestingly the real enemy.
Because their business is to keep information secret to slow down processes
by taking the information out of the process to better control it.
Thats the key idea of intelligence agencies, to
bring the information to just a few and not to everybody involved so that things get slowed down
they're more easy to control for those who have the information.
That's obviously not our game.
Respect human beings and their cultures, that also should be something that normally does not need to be explained.

But you'll understand in a minute maybe why I'm pointing it out to you here.
Then there's some more complex questions where we might no agree yet on anything.

For example, if nation states, if countries make any sense
everybody who's travelling these days and we all do that probably a lot
knows this frustration standing at passport control, counters,
dealing with declaring goods for import, export,
all that kind of things that really suck and that we don't have on the Internet
so where we can travel globally in a second
and we never have to show our passports, and we never have to declare any of our digital goods to custom officer
at least not yet ...

In theory however, governments can also play a hopeful role.
And that's balancing commercial roles against citizen's rights

However we might not have a consensus yet how we deal with goverments
if we want to get rid of them, if we maybe ignore them, if we want to destroy them
or if we maybe even think it's a good idea to support governments and pay taxes for some common interests
like schools and streets and infrastructures and putting people to prison
who just don't respect anything.

But there is one issue and that is I mean of course I'm also common from that anarchist technocracy
and I've never been a big supporter of governments at all
however I do see a problem that if we destroy governments
so we limit the amount of governments, then the remaining governments tend to become more powerful.

And the one government that wants to rule the world is the United State's one.
They take every chance to weaken governments all over the place
to endorse their power and make them make their structures more powerful
and that's exactly what they play with the Internet, and what this talk is about.

So you might have already seen that there is a game out there
the United State's army doesn't call it 'information warfare', they call it 'information operations'
and you obviously have seen all the colorful revolutions in Ukraine
in all the former soviet countries
That some of them have been successful and some less successfully
some of them with violence, some of them without violence, but
some of them have succeeded to overthrow governments and replace
some kleptrocrats or some dubious characters with other dubious characters.

So now in some places instead of strange kleptrocrats we have corrupts CIA assets.

And if that is an improvement remains a bit of a question
So this first round of gains, if you look at what Soros has been financing all over eastern Europe
has created in amount of paranoia, in the remaining ones
that is currently an issue.

So if you look at how Assad in Syria has been handling the Internet scene of Syria
he was asking the guys simple questions : are you working for us or against us ?
are you part of the solution or are you part of the problem ? so they were very sensitive
to anyone who would get funding from Soros or from any of these funny CIA
or other US forces, because they were thinking that the Americans would play the same game
and it does matter in such a scenario if it's true,
paranoia works. It's its own dimension of changing the rules of the game.

This first round has created serious military conflicts
and these military conflicts have brought a lot of people
leaving their countries, and that's refugees that we're handling down there.
So that is part of the traces of reality that I think we have to see, this has to do with the Internet

This has to do with the way the Internet affects countries
and the governments reacts, and we see specific patterns repeating in all kinds of places

Then we have reality and global acting US companies

So in the old days, it was rather simple
for a government to take control of a reality

Reality is not what happens on the street

Reality is what is created in the mind of people, I'm talking about constructivism
so the perceptional things
so what you see on the TV, what you read in the newspapers, what you hear in the radio
that creates the pictures in your head that you think you're living into
In the old days it was rather simple to put pressure on the publisher
to make laws on media and so on

in Germany for example we have a pre censorship law
just needs every publication has to mention who's liable for it

So that person can be pressured, brought to jail, or brought in for copyright violation or whatever.

However today this is a little bit more complicated as the main actors, the Google, the Facebook, the Twitter guys
that's all happening on US jurisdiction

So but however ... [noise from hard drive destruction]

[extract from CitizenFour movie]

you probably have seen this scene before
this is the editors of the Guardian in the basement of the Guardian building destroying the hard disks with the Snowden archive
well, being pressured and watched by the GCHQ, the UK government agency
so as it's said, but that's kind of the old game, and that doesn't work reliably for
Internet as such. So what we have today is a more liberal handling
and that's what of course made the Internet grow.

So that the US first amendment, the freedom of speech
was a lot better than that we had in many countries, and we enjoyed it
that we overcome the limitations of our own countries
and enjoyed this more liberal handling
but this liberal handling is also bringing mass surveillance
with ensured access to the United States government to everything that happens
it also brings intellectual property witch is a censorship concept of the West
and it also brings de-powering of local governments
and local structures, so the deep state rules

So in a way the US is bringing a totalitarian ideology and it's a totalitarian liberty
that's a little bit a liberal handling, it's a little complicated because
real liberty and liberty and liberal handling of things
sounds like something nice, however it's the commercialized version of it
so and it also raises a big question and that's how
do we ensure that we still will have something for us, for our children, for our community, for our country
which would be digital sovereignty
because if we all live in a digital framework where the rules are made by US companies
and at the end of the day by people under control of the US government
this is US jurisdiction where these companies act and they can't really flee out of that
then the question is what about the sovereignty of our own affairs in that scenario

So this question brings us to the view that indeed we are part of the problem already
because we are the guys providing anonymization, so circumvention technologies
for what local governments try to do and that's to remain in constant control of the cybernetic infrastructures
creating the reality in the sense of constructivism
so governments try to remain their sovereignty in a way
and we hope to overcome that the all day
that's part of us are doing as jobs so we have digital rights
we have the whole Soros NGO environment all over the place, I mean, I've been talking to people in Holland
and already in the late 80's when there were this B92 media project
like the whole dutch scene, 50-60 people it was just
like that in those old days, they started to work for Soros, so that's a little bit strange
to see that some Americans millionaires can buy a whole scene
so and this money of course these people saying
"come on we're just take the money from the Americans and what we do is still our thing"

but is this money really coming with strings attached ?

is it really free money as in free beer ? or what is it ?
and what does this Internet freedom they talk about today ?
also there was a thing called the — and they run into that in Spain —
thing called the "Internet freedom festival" this year
last year it was called the "Internet"... "the circumvention festival"
so and that was a funny thing I was there in March this year
there were lots of talks about censorship, Internet, how to overcome it
what you can do, what technologies are available, what's usable, maybe
improvements needed to be made to overcome the difficulties for non-technical people to use this technology
sounds all perfect fine, just the examples in the whole the conference were
funnily only about Syria, Iran, North Korea, it was, you know, the usual evil countries
and no one talked about the NSA and surveillance anymore.

So, and that's kind of a funny mixture where you look at all the things that
others do. So I'd look at who's organizing this conference and
the main person actually, so who's openitp.org that's the organization
behind it, I found a guy called Sascha Meinrath
from Acorn Active Media Foundation, never heard of him
just googled him, so he has a Wikipedia page, he looks like an asshole but that doesn't matter
however he is vice president of the New America Foundation and that's an interesting thing
also his staff so Acorn Active Media Foundation has exactly 3 people and all of them are also working for
the New America Foundation, so what's the New America Foundation ?

The New America Foundation chairman of the board is a guy called Eric Schmidt
the executive chairman of Google !

Now we start to learn what Internet freedom means : Google everywhere. Okay ...
Here we come. And then I looked at their web page just this morning

and look : Jonathan Soros !

The son of George Soros is also joining the chair of the board, great !

So we start to have them altogether. So I made myself some little Maltego
I guess you know Maltego, it's a small software which you can also use offline to visualize complex things
so on the right side, you have this festival, you have the actors, Acorn Active Media
it all leads to the New America Foundation, but you also have Google

Soros, the Open Society Foundation, and the regime changes games to the colorfull revolutions

— no one can read this, huh ? —

Soros is on the left, this festival is on the right, however, you roughly see the concept as I explained it

So there is other diagrams on the Internet which try to nail down Soros as he's known for the
big range of NGOs that he is supporting

Also there were previous projects called Open Government Partnership
and stuff like the monitor group which has been always watching all kind of countries that the US wanted to
overtake or throw away the governments or do some of their funny operations
and so this is just a long history where the US intelligence services together with the British ones
have their front ends covered as NGOs
deployed in all kind of countries, so that's just the normal game they're playing for 20 years or longer
and also especially if it comes to the colorful revolutions you find on the Internet a whole lot of
things where people analyze how he'd word, how Soros is training people
who got funded by what, how they knew exactly how the governments would react
it's like a reflex like acting of some governments and you would know what to do
to make them so angry that they would overreact and then you could accuse them of human rights
violations and then it would be like an automatic process
which would end up in a big even military like conflict.

So and then someone mentioned to me that I should also
not underestimate a person called Peter Thiel

Peter Thiel is an American millionaire who works together with Soros on some projects

He's also known to working together with the CIA and creating technology companies that
provide tools for the NSA and the CIA

And both of them are also part of the whole game again with the Open Society Foundation

So on. So the bigger picture involves now, so this is a second version of it
you have these Internet Freedom festival guys, you have the CIA guys, Soros, Thiel
you have these three letter agencies, so some of them provide the free Internet
and the others provides the tools for surveilling the free Internet.

So, what a nice world.

And also some of them have sub-partners for overthrowing governments, that's the other part of the game

So of course we could ask us the question
"wait a moment regime change sounds like a good idea, couldn't we change the regime in the US ?"
Well, there's two problems here, the one is you might know this political joke
it never happened a regime change in the US because there is no US embassy
because that's where normally where the US has an embassy and from there
controls the local figures operating

However the US as we know is the best democracy money can buy so it's a little complicated
to get involved there without a lot of money, also
obviously what we learned from the Snowden stuff is that the deep state is in full action.

So watching resources, honestly, we're not that bad technology wise, but we're little poor in resources
compared to those boys.

So, and then we have projects like Tor, which is honestly one of the best things this scene ever brought up
I mean it's not that bad, it works at least.

However it's of course the core of circumvention local censorship or local try of controlling the Internet

So and if we look at the fact that for example Tor RFC now allows
the .onion services to be an Internet standard. To finance that, that was Facebook.

So we can now be all very proud
that we helped the poor people of these oppressed countries of Iran,
of North Korea, of whatever you name it

That they can finally bring that data securely to The Facebook and the NSA system
Coungratulations, we've done a great job. What The Fuck [audience applauses]

So. But who finances Tor by the way ? I mean we have all known that for some time
there is this guy called Radio Free Asia

SRI International, the US department of State
and many others who do finance Tor.

And Tor has just started end of last year what they call "community financing"
but i actually talked with Shari Steele, the new executive director of

Tor and funnily she's married to a NSA operative but
I of course didn't said that in a public talk
and I asked her about her ideas of community financing and if we shouldn't start to collect, and "yeah yeah but it's not so important for the money
for the moment we're very stable" so their stable financing comes from the Ford foundation, SRI International
Google, Radio Free Asia, which used to be a direct CIA operation
the US State Department, the Omidyar Network, another millionaire in the game

So and alone three of these entities are directly associated with the CIA
it just feel shitty for me, and it raises everybody involved in this knows this for a long time
it just feels funny that these people support us providing free Internet
it just feels little strange. We have to, maybe,
get better understanding why they're doing this and if we really have the same interests with them and how this will end up

Of course, people would say : "but wait a second, Tor is part of the community of the good guys, don't
call these guys evil, these are my friends, right" how about this problem because
the opposite of doing something good is not evil
the opposite of doing good is acting with best intentions

As you might also have known for this little scene

[Pulp Fiction extract]

So acting with the best intentions that's a tricky thing

That was from Pulp Fiction

So talking about Tor, circumvention, good and evil for a second

So of course circumvention of censorship can't be a bad thing for all of us
However what's maybe the problem is that it also enables
digital colonialization or market enabling as Google or Facebook would call it

So it allows them to access markets where the government
try to avoid their citizens ending up in the US systems

So the other point is that if you try to have this discussion with Roger Dingledine
who's like the person that put his, commited his life more or less to Tor and is running the shop
and I has this discussion with him

There is something funny about these American people and that's that they always think that "oh you don't understand"
"You and your European view, you know we are the Americans"
"And we will show you that this will all be good once we have established this"

So it's like, it's called "exceptionalism". That they feel empowered by God or by what the fuck they believe in

That they can spread their ideology all over the rest of the planet and it will be alright

This is being convinced of doing the right thing

So it is truly acting with the best intentions

However. What they obviously have a lack of
is understanding other cultures because that's not important for them

Once you feel you're doing the right thing why do you need to understand other cultures ?
You bring the best solutions to them, right ?

Doesn't matter what they are, what they think and so on

So that's what I would call totalitarian liberalism
which is a complex ideology
but if we today look at this, there's currently a discussion between palestinian rapper actually
and his community, because what this guy thinks is
that what enforces radicalism of Islam is people being afraid
when they see what western media brings them
that people have gender confusions and all kinds of
human problems that they wouldn't have if they would just stay a little sober
and that's complex because fear is also a dimension like paranoia
and like feeling empowered that's just a dimension of acting
and circumvention censorship if that already addresses that fear is an open question
and we have to also realize that there's human beings out there and this have nothing to do with the Internet
that are driven by fear, and that we have to deal with

So the elephant in the room of all these projects however is OTF : the Open Technology Fund
which is a 100% funded by Radio Free Asia and the Broadcasting Board of Governors
that's both State Department related in theory we don't even need to know the details however
as they fund so many projects — I know this is hard to read
the Open Technology Fund, I mean everybody who is a little bit involved in Tor, in Tails,
in doing encryption for email or whatever, it's kind of hard to not get
shit over with their money currently. So they are everywhere, in all these conferences
and everybody who seems to successfully simulate or know something about security and how to improve
the security of the Internet or do support circumvention technologies, then, he will get funded.
It's currently hard to not get funded by them for people who are involved

And then of course if we look around we find quite a lot of them and you gotta say "wait a second these are my friends"
so the trouble is not everyone who is paid and serves the government or the CIA is
necessarily aware of it, so I'm not accusing here people of doing evil intentionaly
but just seeing that we have a common interest with these funny things who give
with these funny people who give us money to circumvent censorship and not understanding what is the ideology
behind it and what's the economics behind it and what's the government policy behind it

Makes us stupid tools for the US government, and that can't be it

And the other thing is that if you associate yourself with this money and with those people
depending on where you live and we lost some friends in these last years
in Egypt, in Syria, in other places, because their government is making a very simple assessment
"Are you part of that US invasion or are you our people ?"

And they don't unfortunately take the in depth time for an analysis
in this conflicts they sometimes acts fast
and some people die and get tortured and so on
and of course we can accuse them of killing and torturing but we have to understand why they're doing it
to avoid that it happens again
and I mean will be radicalization of Europeans with the upcoming rightwing guys
we might also find a similar situation in our own
well balanced, long history European countries that we don't want to escalate, it's better to look at this now

Obviously living in capitalism is complicated, requires an effort to stay independent from funny money
and that's everybody steady fight, I know, it's not easy

However what we have to understand is that there is a concept called digital colonialization
and it does goes hand in hand with global disempowerment of local companies
so you might have heard that in India, successfully
a big movement on the street avoided that Facebook brings free Internet to India
however the ruling judge made the argument
that because they provided the service with zero money this would be uncompetitive to local
companies, which is a good argument. Of course Google you don't have to pay with money, they get be paid by data
which they can sell further on
so what there's also is uberization of economic processes, the airbnb,
these things where the intermediate is
located in the US and takes the little upcut in the process

So this also means that economic processes
are being transformed from a local economy to the US economy and we shouldn't support that

This also means that virtual realities are individualized and commercialized
and they don't really give a shit on common reality, that's another problem
so our media environment is also getting a little complicated
next to all the advertised and of products, services, ideologies
including the individual impact measurement
of the milliseconds it takes us to click away an ad for
switch to another page, and so on

If we stand back for a second and look at the longer historical development
obviously we had kingdoms, we had national kleptocracies
we had democracies with controlled liberty
and by the way controlled liberty is almost a trademark of a company called "Diebold"
you might know the issue of the electronic voting machine
so Diebold is one of the main manufacturers of them and they have a system collecting from the local district where people
make vote to collect and gather the data, the system is called "liberty control"

So you get the idea of the trust within electronic voting
but also you have upcoming limitations of national governments in international contracts like the TTIP trade agreements things
where national governments can do less and less because they have international
contractual obligations, but the real upcoming threat is of course that we
run into a algorithm governed reality so that
commercial decisions and governmental decisions would be made and based on algorithm and the big data
that they are setting up right now
so it would be becoming even more tricky

And our failures to provide specific services is their biggest strength
so our failure that Facebook is ruling fucking social networks out there and not our decentralized, anonymous
networks that we never build up with control over your own data, I mean
we can accuse Facebook of a lot of things but we also have to
I guess agree that they did make some good investment on people who understand how to make people
use technology in a very easy way without getting technicians and so on

And so we're still not there creating usable email chat message encryption with no effort and no traces
where people don't need to think to key exchange and all that kind of things
that normal people just find too complicated
but also intermediating of cultural understanding
so that's also something about conflicts intermediation here
is our understanding of the Islamic world for example, and their understanding of our world
and so on, there's still a lot to do, because what the Internet has been doing and the Internet
freedom complex has just been exporting Western ideology instead of
trying to understand the differences of cultures and the complex it would create if these cultures
crash together. So there's obviously also
a big role where we have failed so far, and that's to improve the understanding and
the meaningful use of technology by governments and communities
so in theory we should all become governments advisors
and or, if that's no option for you then please create your own government, I think we need a lot more governments on this planet
so that power is better distributed
so what should we do ?

The big unsolvable problems
we have to break into smaller ones that we can handle, so for example increase the amount of governments
if governments are too big and too complicated to fix is because they are so broken, so corrupted
and so I mean, I guess the French political situation what I heard yesterday in my evening conversations
is as fucked up as the German one, and it's hard to imagine that we can fix that.

But maybe what we can do is to break governments into smaller parts and the countries in smaller parts
find ways to take over with a reasonable amount of money, reasonable structures.
And also technology wise of course we have to build up decentralized services
where we can develop alternative thoughts and plans first of all
the revolution will neither happen on Facebook nor on TV
we can probably agree on that
and create local data centers and handy cloud solutions that support digital sovereignty

So that's roughly the to-do list and I could
I thought at the end I have to provide you with some ideas of what you could do so
as I said, become government advisors
to prevent digital colonialization, by the way I had such a conversation, I tried to be a government advisor
invited by latin american countries
but it was a little weird
because they said "yeah we think about that we have to create a framework"
but the development of the Internet, somehow goes hand in hand with our
economic, cultural, and political process and so on
well they were discussing and they also realized that Google had just decided to connect all the schools on the country
I'm truly not fan of any nazis or of mister Goebels particularly but he was
saying very clear words from time to time, and one of the clearer words he said were "you have the youth, you have the future"

End of story. So if you fail
for 15-20 years to do something with the education system in the Internet, then Google, Facebook come and connect the schools
well then you're pretty doomed. And that's the situation in many countries

So this kind of things to do : decentralize, also economic situations to create
and the cultural bridges between the religions and the countries

So. And here obviously I was disrupted while making the slides with good food
so, yeah we had this thing, and here some references

So that was roughly my talk and now I'm happy to get your feedback or questions or answers or

Thank you. [audience applauses]




Amaelle Guiton
08 août 2016

La première fois que j’ai entendu parler de la conférence new-yorkaise , ou HOPE – quel acronyme ! –, c’est sans doute en 2010. L’orateur annoncé pour la keynote du 17 juillet était un certain . La vidéo – qui montre un hélicoptère Apache américain ouvrant le feu sur un groupe de civils, dont deux reporters de l’agence Reuters, lors du raid aérien de 12 juillet 2007 à Bagdad – avait été dévoilée en avril par WikiLeaks ; Chelsea Manning (alors Bradley) avait été arrêtée en juin ; les premiers documents secrets sur la guerre d’Afghanistan, les Afghan War Logs, étaient sur le point d’être publiés. Assange, objet de toutes les attentions de l’administration US, n’avait pas fait le déplacement, remplacé par Jacob Appelbaum1, déjà connu comme l’une des figures publiques du projet Tor (dont il a démissionné cette année, suite à des ).

La deuxième fois que j’ai entendu parler de HOPE, c’était par , figure du mouvement maker, aussi remarquable par ses qualités de pédagogue (il faut le voir apprendre la soudure à des gamins) que par son extrême gentillesse. Impossible, en l’écoutant, de ne pas avoir envie d’y mettre les pieds. Mitch a eu à HOPE sixième du nom, en 2006, une sorte d’épiphanie, comme il me le racontait lors d’un autre rassemblement de hackers, aux Pays-Bas : « C’était la première fois de ma vie que je me retrouvais dans un groupe en me sentant complètement à l’aise, complètement chez moi. »

Été 2016 : direction New York, donc. Pour dix jours de vacances, dont trois de conférence, du 22 au 24 juillet, au cœur de Manhattan.

Instant cliché : vue de Manhattan depuis le pont de Brooklyn – CC BY-NC-SA 4.0

HOPE est un cas particulier : elle se situe moins dans la lignée des grandes conférences US dédiées au hacking – telles ou , quasi exclusivement dévolues à la sécurité informatique, et qui font historiquement la part belle aussi bien aux entreprises qu’aux structures gouvernementales, de à – que dans celle des rassemblements européens, beaucoup plus distancés des institutions et du secteur privé (HOPE s’est d’ailleurs inspirée de la organisée en 1989 aux Pays-Bas), et beaucoup plus politiques2. On y trouve, peu ou prou, le même genre de thématiques et de public qu’au , même si l’affluence y est bien moindre (3000 personnes cette année, quand le Chaos Communication Congress dépassait les 10000 participants en décembre 2014). Mais de la même manière que New York est, dans sa singularité, profondément américaine, HOPE a son caractère propre. Dans l’ambiance, le style, les tropismes, on sent qu’on a bien traversé l’Atlantique.

HOtel PEnnsylvania

Organisée depuis 1994 sous l’égide du trimestriel , la conférence se tient tous les deux ans à l’, à un jet de pierre de Madison Square Garden. D’après Wikipédia, le lieu a même inspiré l’acronyme. L’hôtel Pennsylvania a aussi hébergé la première convention Star Trek en 1972, et donné son nom précédent (Statler Hilton) à l’un des deux pépés acariâtres du Muppet Show. Apparemment, c’est une institution, notamment parce que c’est un des rares hôtels abordables du quartier.

L’hôtel Pennsylvania en 2008 – Simon Law – CC BY-SA 2.0

HOPE en est à sa onzième édition. La baseline est « taking it to eleven ». Expression intraduisible qui renvoie à , le documentaire parodique de Rob Reiner, dans lequel le guitariste utilise un ampli dont le bouton de volume va jusqu’à 11 au lieu de 10. « The Eleventh HOPE is all about excess », prévient la brochure distribuée aux participants.

Visuel officiel de HOPE XI – © winni@T42.com

À l’arrivée, dans le hall, on nous distribue des badges d’accès, dont les lanières existent en trois versions. Ce n’est que lors de la soirée organisée par l’ (EFF) au Flatiron Hall, après ma deuxième bière, que je comprends (enfin) pourquoi : c’est un petit concours de cryptanalyse, imaginé par Mitch Altman. Fort simple au demeurant – il a surtout pour objectif de provoquer des rencontres, puisqu’il faut bien rassembler les différents types de lanière pour pouvoir participer… Pour ceux que ce genre de passe-temps amuse, voici les trois messages chiffrés :

J’ai hérité de la lanière à figures géométriques – CC BY-NC-SA 4.0

20 08 09 19 09 19 20 08 05 11 05 25 : 19 20 15 14 05 08 05 14 07 05
LVFU XAN YIJ UVXRB RKOYOFB!

(La solution est à la fin de ce billet. L’ensemble ne devrait pas prendre plus de dix minutes à ceux/celles qui sont rompus à ce type de jeu.)

Lockpicking et hacktivisme

Sur le chemin de l’escalator qui mène au deuxième étage, le est bien visible au mur. Mélange du quatrième principe de codifiée par le journaliste Steven Levy dans son séminal Hackers: Heroes of the Computer Revolution (1984) et des questionnements qu’affrontent les communautés hackers / hacktivistes sur leur relative homogénéité et sur leurs capacités à être « inclusives » : « Tout le monde est bienvenu à HOPE, quels que soient son origine ethnique, sa classe sociale, son identité ou son expression de genre, son âge, sa religion, ses convictions politiques, son handicap, son orientation sexuelle, son apparence, ou son niveau d’éducation, son choix d’éditeur de texte3, et autres aspects de ce que nous sommes. »

HOPE s’installe pendant ces trois jours au deuxième, au sixième et au dix-huitième étage. Au deuxième, une vaste zone dédiée au hardware hacking, où Mitch Altman organise ses ateliers de soudure (on peut notamment y assembler sa , la télécommande qui éteint les téléviseurs) ; une autre dévolue à l’apprentissage de l’art délicat du crochetage de serrure (le lockpicking) ; et moult tables tenues soit par quelques 4, qui paient leur place, soit par des associations invitées : la vénérable (ACLU), l’EFF, la (qui compte dans ses rangs Daniel Ellsberg, le lanceur d’alerte des Pentagon Papers, Glenn Greenwald, Laura Poitras et Edward Snowden), ou la , dédiée à la défense des lanceurs d’alerte. On y croise aussi , un collectif qui fournit des outils de communication en ligne pour les militants. Ou encore la mère de , le fondateur de Silk Road, condamné à la perpétuité en février 2015.

Les ateliers sont localisés au sixième, et les conférences, dans les salles de réunion du dernier étage. Lesquelles ont été rebaptisées pour l’occasion : « Lamarr », « Noether », « Friedman » et « Hoover ». Quatre femmes, ce qui n’est pas un détail dans une communauté encore majoritairement masculine (même si on croise pas mal de participantes et de conférencières).

Extrait de la brochure de présentation de HOPE XI. Un petit message s’y cache ;) De l’ingénierie sociale aux lanceurs d’alerte

Impossible de donner un aperçu, même partiel, des conférences : , c’est beaucoup. On y fait son marché en fonction de ses centres d’intérêt, en partant du principe qu’on rattrapera le reste plus tard (les présentations sont toutes enregistrées, et une grande partie est déjà disponible en ligne via l’, qui en assure la captation5.

Il y a les classiques, les rendez-vous : le bilan de l’année , ou celui 6 ; mais aussi le panel , autrement dit l’exploitation des failles humaines, qui se conclut par une démonstration assez tordante au cours de laquelle Emmanuel Goldstein, le patron de 2600, tente – sans succès, hélas – de faire annuler un passage télé de Donald Trump. Il y a les présentations en prise avec l’actualité récente : un gros plan , le cabinet d’avocats panaméen au cœur du scandale des Panama Papers, par Alexander Urbelis, hacker et avocat ; un point d’étape sur la nouvelle par les chercheurs 7 et Sandy Clark, qui aborde notamment la question de l’exploitation des failles de sécurité encore non divulguées par les services de renseignement.

La question des lanceurs d’alerte est bien sûr toujours présente. Les familiers du sujet n’apprendront pas grand-chose en regardant (avec Naomi Colvin de la Courage Foundation, Jesselyn Radack, ancienne du ministère américain de la Justice, avocate du lanceur d’alerte Thomas Drake, et Carey Shenkman, membre de l’équipe de défense d’Assange). Plus intéressante, permet notamment de reparler de la situation dramatique de , menacée de mise à l’isolement après sa tentative de suicide, et d’entendre le témoignage de Lauri Love, jeune hacker britannique accusé de s’être introduit dans des réseaux gouvernementaux américains, et aujourd’hui sous le coup d’une demande d’extradition (il risque aux États-Unis, où la législation qui punit les intrusions informatiques est particulièrement sévère, jusqu’à 99 ans de prison).

Il y a aussi, forcément, quelques déceptions : un panel sur qui s’apparente plus à une addition de témoignages, d’intérêt très inégal, qu’à une véritable réflexion sur les questions de genre dans ce secteur ; ou une conférence très show-off et assez vaine sur le par l’artiste multimédia Johannes Grentzfurthner, qui dénonce à bon droit les raccourcis médiatiques ou les apories du culte du héros, sans proposer quoi que ce soit (ce qui était pourtant la promesse de départ). La présentation sur la manière dont les hackers sont perçus et se perçoivent, assurée par deux jeunes chercheurs, plus sérieuse et fournie, laisse tout de même un peu sur sa faim8.

Il y a, enfin, la conférence qu’on se félicite d’avoir zappée : les deux heures occupées par , le fondateur du mouvement du logiciel libre. Parce qu’on peut avoir le plus grand respect pour le travail qu’il a accompli et trouver, à la longue, proprement détestable et contre-productive son attitude envers quiconque ne possède pas ses compétences techniques et ce qu’il considère comme sa hauteur de vue. Lorsqu’un participant qu’il a « parlé avec mépris des utilisateurs qui choisissent les logiciels les plus faciles à utiliser », il répond qu’en effet, il a du « mépris pour les idiots ». On a vu vision plus généreuse, ouverte et compréhensive de l’humanité.

Vu sur Twitter. Pas mieux DRM, Anonymous, crypto, etc.

Au final, au-delà des rencontres9 et du dépaysement, il y a là largement de quoi nourrir la réflexion. Puisqu’il faut faire des choix, ci-dessous une petite sélection – évidemment aussi limitée que subjective, et plus sociale / politique que technique – de quelques conférences qui valent le coup d’œil.

La keynote de Cory Doctorow Cory Doctorow à HOPE XI – CC BY-NC-SA 4.0

Le romancier, journaliste et militant de l’Internet libre succède à, entre autres, , ancien chanteur des Dead Kennedys et militant écolo à qui on doit la fameuse maxime « Don’t hate the media, become the media » (en 2000), , ex-cyberennemi public n° 1 et virtuose de l’ingénierie sociale (en 2004), Stallman (en 2006), Steven Levy (en 2008) et Edward Snowden (en 2014). Une heure trente qu’on ne voit pas passer : c’est fluide, enlevé, souvent très drôle, ça parle vie privée et pouvoir de l’utilisateur – Doctorow est un fer de lance de la guerre contre les DRM, ces « verrous numériques » qui se nichent jusque dans les thermomètres rectaux connectés (« In 2016, we have DRM up the ass. »). De quoi remobiliser les troupes.

« Detour Through Their Minds: How Everyday People Think the Internet Works »

À l’inverse de Stallman, ne part pas des utilisateurs tels qu’elle voudrait qu’ils soient, mais de ce qu’ils sont réellement. Elle travaille avec , une organisation qui conseille les projets libres et open source dédiés à la sécurité des communications, pour les aider à améliorer la facilité d’usage des logiciels (elle organise, par exemple, des tests d’ergonomie). Et elle s’intéresse à ce qui se passe dans la tête du « grand public », notamment ses représentations de l’Internet. Qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec la réalité… De quoi provoquer pas mal de rires dans l’assistance, mais l’objectif de Gus Andrews est bien de pousser les « experts » à se mettre dans la peau de ceux auxquels ils sont censés s’adresser, à les comprendre sans les prendre de haut. En prime, c’est bourré d’humour.

« How Anonymous Narrowly Evaded Being Framed as Cyberterrorists »

Au plus fort des faits d’armes d’Anonymous, l’anthropologue Biella Coleman, qui a mené une sur le sujet, a plus d’une fois imaginé dans ses cauchemars le FBI débarquer chez elle. Elle s’attendait aussi, surtout en 2011 et début 2012, à ce que cet acteur collectif insaisissable finisse par écoper du qualificatif de « cyberterroriste ». Comme elle le rappelle, la notion de « terrorisme » a historiquement fait l’objet d’interprétations très étendues.

… par exemple dans le cas du « Tawnac Nine », ici illustré par la « une » de Libé – CC BY-NC-SA 4.0

De fait, aux États-Unis, les militants radicaux de la défense de l’environnement ou des droits des animaux en ont fait l’expérience. Pourtant, malgré plusieurs signaux en ce sens – comme un de février 2012, qui faisait état d’avertissements exprimés par Keith Alexander, alors patron de la NSA, devant des officiels de la Maison Blanche –, cela ne s’est jamais produit pour Anonymous. Pour Coleman, cela tient à la fois à une réception souvent bienveillante des actions de grande ampleur – au moment du blocus financier de WikiLeaks, et surtout lors des Printemps arabes et du mouvement Occupy – et à la manière dont la culture populaire s’est appropriée le phénomène, et plus généralement la figure du hacker (avec Mr. Robot bien sûr, mais aussi le très réussi de 2014).

« The Silk Road to Life Without Parole: A Deeper Look at the Trial of Ross Ulbricht »

On peut n’avoir absolument aucune sympathie pour un type qui a construit son business model sur le marché noir des biens illégaux tout en reconnaissant à , le défunt « eBay de la drogue », une indéniable dimension politique. Ross Ulbricht est un libertarien pur fruit, pour qui il revient aux seuls individus d’édicter leurs propres règles. Son cousinage avec la matrice idéologique cypherpunk est une évidence – il suffit de relire le de Tim May, écrit en 1992, qui en anticipe l’avènement à deux décennies de distance. L’échange entre les trois intervenants (l’avocat Joshua Horowitz, le documentariste Alex Winter et le journaliste Andy Greenberg) revient sur le procès d’Ulbricht, qui s’est conclu par un verdict particulièrement lourd (perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle), pensé pour , et sur les révélées par la suite. Le plus intéressant du panel, précis sans être complaisant, est sans surprise Andy Greenberg, ancien de Forbes passé à Wired, auteur en 2012 d’un bouquin remarquable sur WikiLeaks10.

« Smart Cities and Blockchains: New Techno-Utopian Dreams or Nightmares? »

À conseiller aux bons apôtres de la « ville intelligente », aux zélotes qui, embarqués dans la hype de la , s’imaginent qu’elle va guérir les écrouelles, et plus généralement à tous ceux qui pensent que, quel que soit le problème, la solution est d’abord technologique. Dans la première partie, , chercheur associé en cybersécurité à Columbia, revient sur quelques projets de ville « idéale », qui n’ont généralement pas très bien tourné – et y adjoint, très logiquement, de John Perry Barlow et les rêves d’île artificielle de Peter Thiel. La suite, plus concrète et contemporaine, permet de rappeler que « pour un marteau, tout ressemble à un clou ». Toujours utile par les temps qui courent.

« The Black Holes in Our Surveillance Map »

Beaucoup de journalistes écrivent sur les questions de sécurité nationale aux États-Unis, peu le font de manière aussi charpentée et documentée que la journaliste indépendante Marcy Wheeler ( sur Twitter). À l’issue de sa présentation, l’un des participants lui a même demandé si elle était un « cyborg hyper-intelligent envoyé du futur pour nous sauver de l’appareil de surveillance »… Objectif de sa conférence : expliquer, exemples à l’appui, comment il est possible d’identifier la présence de programmes secrets de surveillance via le contenu des dossiers judiciaires, les témoignages lors des procès, les dynamiques des processus législatifs, la gestion des manifestations… et inciter au travail collaboratif sur le sujet. Stimulant.

« The Mathematical Mesh and the New Cryptography »

L’orateur, Phillip Hallam-Baker, a un CV long comme le bras – du CERN, où il a participé à l’élaboration du protocole HTTP, à la vice-présidence et la direction scientifique de Comodo, en passant par le labo d’intelligence artificielle du MIT. Son projet : rien de moins qu’une infrastructure permettant de mettre la cryptographie à la portée de n’importe quel utilisateur sur tous ses terminaux, de manière automatisée, via un profil chiffré intégrant la configuration des logiciels et les clés de crypto, stocké sur un serveur distant. L’objectif est bien ici de décourager la surveillance de masse par le chiffrement ubiquitaire, qui passe par la facilité d’usage. À première vue, ça me semble remarquablement bien pensé, mais je manque de connaissances techniques pour me faire un avis définitif. Avis aux petits camarades vraiment pointus en cryptographie : ils peuvent jeter un œil à la conférence, aux , voire au code, et me dire ce qu’ils en pensent.

Et pour finir, une page de publicité

La station de radio publique new-yorkaise WNYC a beaucoup d’humour. Et puis c’est bien, ça met dans l’ambiance.

Station de métro Clinton-Washington, Brooklyn – CC BY-NC-SA 4.0 Quelques liens en complément
  • Pour d’autres comptes-rendus de rassemblements et conférences de hackers : OHM aux Pays-Bas en août 2013 , le Chaos Communication Congress de décembre 2013 et , celui de 2014 , le Chaos Communication Camp d’août 2015 .
  • « Le sens du mot hacker a considérablement évolué » : interview de Steven Levy en mars 2013.
  • « Les hackers se débattent entre l’individu et le collectif » : interview de Biella Coleman en février 2016.
La solution du petit concours de cryptanalyse

Retour à nos trois lanières et nos trois messages chiffrés : il faut commencer par les nombres, puis les figures géométriques, enfin les lettres.

Celui-ci est le plus évident : à chaque lettre a été substitué un nombre qui correspond à sa place dans l’alphabet latin.

Le résultat = THISISTHEKEY:STONEHENGE

Ici, on déduit facilement les trois premiers mots du message précédent (« this is the »…) et on établit la règle de conversion sur des grilles de morpion.

Tic Tac Code – Wikia – CC BY-SA

Deux catégories de compétiteurs sont avantagés : les enfants (!) et les familiers de l’histoire de la cryptographie. Les premiers, parce que ce chiffre est celui qu’utilisent, de Disney, la défunte (PSA) et l’ (EPF) pour communiquer (or il n’échappera pas aux adeptes du logiciel libre que le penguin, ou manchot, est aussi la mascotte officielle de Linux, d’où le clin d’œil). Les seconds, parce que ce « Tic Tac Code » est adapté du bon vieux .

Le résultat = THIS IS THE PASSPHRASE: DRUMMERS

Le dernier message a tout l’air d’être passé par un chiffre de substitution polyalphabétique, pour lequel on a donc une clé (« stonehenge ») et une phrase de passe (« drummers »). J’ai tout de suite pensé au (qui a résisté trois siècles aux cryptanalystes, excusez du peu !). En existe-t-il une variante qui utilise à la fois une clé et une phrase de passe ? Oui : c’est le . Les plus courageux auront fait à la main leur tableau de conversion, les plus paresseux et les plus pressés seront passés par un qui s’en charge et qui renvoie ce message final :

HOPE AND YOU SHALL RECEIVE!

Lors de la conférence de clôture, Mitch Altman s’est presque excusé pour cette phrase « un peu stupide ». Candide peut-être, mais stupide, sûrement pas.

 

  1. En quoi on pourra trouver cette émis par le compte officiel de WikiLeaks au mieux tâtillonne, au pire d’une remarquable mauvaise foi.
  2. L’anthropologue Biella Coleman explique très bien , qui tient à la place des hackers dans l’appareil économique.
  3. La est un motif récurrent dans les communautés hackers et du logiciel libre, un de ces conflits pichrocolins qui peuvent, selon l’humeur du moment, amuser ou prodigieusement agacer.
  4. Dont , en quoi j’ai du mal à voir autre chose que du « solutionnisme technologique » appliqué à l’alimentation, en plus d’une insulte à la gastronomie.
  5. Avis aux trolls : oui, c’est du Flash, format propriétaire, et je n’y suis pour rien.
  6. Qui n’aborde que les aspects liés au réseau : la vie très mouvementée de l’organisation elle-même (démission d’Appelbaum, enquête interne, nomination d’un conseil d’administration entièrement renouvelé) a fait l’objet d’une discussion plus informelle, dans la foulée.
  7. Matt Blaze, aujourd’hui membre du nouveau conseil d’administration du Tor Project, est notamment connu pour avoir, en 1994, identifié une faille dans le système du , cette puce conçue par la NSA pour chiffrer les conversations téléphoniques tout en tenant les clés de chiffrement à la disposition des autorités.
  8. Pour tout dire, si leur méthodologie est bien plus rigoureuse que la mienne, leur travail, à ce stade, ne va pas tellement au-delà de (d’où ma frustration).
  9. Au passage, on croise plus de hackers américains dans les rassemblements européens que d’Européens à HOPE. Question de possibilités financières, sans doute.
  10. : How WikiLeaks, Cypherpunks, and Hacktivists Aim to Free the World’s Information. Le titre est une référence à la fameuse inscription que Woody Guthrie avait peinte sur sa guitare : .



jp.fox
04 juillet 2016

Nos gouvernants ne semblent pas préoccupés par le respect de notre vie privée qui se trouve sacrifiée sur l'autel de la lutte contre le terrorisme. Il est désormais du devoir de chacun de protéger son jardin secret numérique en utilisant les outils adéquats, c'est-à-dire le chiffrement de ses données et de ses conversations.

Par les temps qui courent, il est vain d'espérer de la part des pouvoirs publics qu'ils jouent leur rôle dans la protection de notre vie privée. Les exemples montrant le contraire se multiplient. Non seulement la législation ne semble pas demander aux grandes entreprises du web de faire le nécessaire pour garantir la sûreté des données que nous leur confions allègrement, mais certains de nos députés et ministres espèrent d'elles qu'elles leur donnent les clés permettant à la justice d'y accéder "si besoin". Par ailleurs, dans l'ensemble du réseau internet français, ne laisse rien présager de bon. Les pouvoirs octroyés au juge administratif tout récemment avant la fin de l'état d'urgence laisse entrevoir des écoutes de masse de plus en plus simple à mettre en œuvre.

Par le passé, il est déjà arrivé que les moyens techniques destinés aux juges d'instruction ou à la police soient utilisés à des fins personnels par des agents peu scrupuleux. Alors pourquoi il n'en serait pas de même si ces agents, grâce à l'écoute du réseau, avaient un accès à nos boites mail, nos espaces de stockage dans le cloud, le contenu de nos SMS. Que ferons-nous lorsque que ces systèmes seront généralisés et que l'État aura techniquement et judiciairement accès à ces données ? Qui sait de quoi sera fait l'avenir politique de notre pays ? Une information actuellement anodine, le sera-elle dans le futur ? Pouvons-vous nous écrire, aujourd'hui, dans un courriel ou un SMS envoyé à un parent, un ami "J'ai raté mon train, je ne pourrai me rendre, demain matin, à l'église/la mosquée/la synagogue/au temple (rayez les mentions inutiles)" si ce message est susceptible d'être lu dans quelques années/décennies par un régime moins démocratique qui décrète "dangereux" les croyants de telle ou telle religion ? Au risque d'atteindre tout de suite le , qu'aurait fait de ces données le Reich Allemand des années 30 ?

N'imaginons pas le pire. Mais ces systèmes d'interceptions et d'écoutes sont-ils sans faille ? Qu'est-ce qui nous garantie qu'ils ne deviendront pas accessibles à des escrocs prêts à nous faire chanter ?

Certains se demande sans doute pourquoi craindre que nos données numériques ne soient divulguées si l'on n'a rien à se reprocher ? Et bien parce que certaines d'entre elles constituent notre vie privée et que la vie privée doit pouvoir restée privée. Selon sa sensibilité, son activité sociale, chacun placera le curseur où bon lui semble. Cependant, qui peut affirmer que cela ne le dérange pas que quelqu'un fouille dans ses courriels, ses contacts, ses SMS, son agenda, ses photos, son relevé bancaire ? Qui va oser mettre en commentaire de cet article son mot de passe de messagerie, ses identifiants Facebook, Twitter, Gmail, Snapchat, Instagram, Skype, Tinder, Meetic et bancaire... ? Si cela ne pose pas de problème, vos correspondants, qui partagent vos échanges, ont peut-être une sensibilité différente sur ce point. Je vous recommande la lecture de qui explique aussi pourquoi l'intimité de chacun doit être respectée.

Alors, si nous ne pouvons plus compter sur nos gouvernants pour protéger nos jardins privés, il est temps pour chacun d'entre nous d'apprendre à le faire. Maintenant que les enjeux sont plus clairs, comment faire dans la pratique pour nous protéger : la réponse la plus évidente, c'est le chiffrement ! Le terrain le plus sensible de nos jours est certainement notre téléphone portable, outil ultime dans nos échanges quotidiens. Premier réflexe, chiffrer le contenu de nos téléphone : il est assez simple de ou de , c'est devenu une fonctionnalité de base, il suffit de l'activer.

Ensuite, il existe plusieurs applications simples d'utilisation qui permettront de vos conversations avec vos interlocuteurs.

  • Chiffrez vos chats avec une application compatible comme ou sur Android et sur iOS et Android
  • Chiffrez vos SMS avec sur Android ou sur iOS et Android
  • Chiffrez vos emails avec tous les outils compatibles comme sur iOS et + sur Android
  • Chiffrez aussi vos fichiers dans le cloud avec et
  • Chiffrez enfin vos consultations des sites web : il suffit de préciser https dans l'adresse du site.

Et ne donnez jamais vos mots de passe ou vos clés privées !

Si vous en voulez plus, rendez vous sur le , vous y trouverez aussi des outils et tutoriels pour Windows, GNU/Linux et MacOS.

Vous n'êtes pas à l'aise avec ces outils, ce n'est pas grave, demandez de l'aide lors de Crypto Party, Chiffro-Fête ou réunion Café-Vie-Privé. Vous en trouverez les prochains événements de votre région le site .

Pour aller encore plus loin, ayez à l'esprit que seuls les Logiciels Libres peuvent vous garantir un chiffrement sans . C'est pour cela que les Groupe d'utilisateurs de Logiciels Libres pourront aussi vous aider sur la mise en place et l'utilisation de ces outils. .

Certes cela demande quelques efforts mais notre vie privée ne vaut-elle pas cela ?




Pages

Les blogs du Planète

Les derniers billets

Propulsé par

Formulaire de recherche

Planète Oignons / Theme by .